sept 01

Contrairement à son conseiller municipal Carl Boileau, pour qui les mesures prises dans la quête de tranquillité bucolique en plein centre d’une ville ne sont pas causées par l’embourgeoisement des résidents du Plateau Mont-Royal, le maire de l’arrondissement et confrère politique de monsieur Boileau, Luc Ferrandez, croit plutôt que c’est en partie le cas.

Il a notamment déclaré à La Presse, au sujet de la nouvelle règlementation sur le bruit et le projet NOISE visant à renforcer l’application de mesures plus sévères contre le bruit, que son arrondissement «a plein d’exemples de gens qui s’installent et qui veulent changer le voisinage.»

Selon lui, les commerçants, propriétaires de bars et restaurants ne devraient pas «cannibaliser les caractéristiques d’un quartier qui les attire initialement» en faisant fuir les résidents (par leurs excès de bruit).

Selon moi, prétendre que les commerçants peuvent faire fuir les résidents c’est extrêmement alarmiste. Les gens qui s’installent près d’un bar doivent s’attendre à du bruit de clientèle ou de la musique, comme ceux qui s’installent en plein centre d’une ville doivent s’attendre à entendre de la circulation automobile, ceux qui s’installent près d’un aéroport doivent s’attendre à des avions et ceux qui s’installent près d’un chemin de fer doivent s’attendre à des trains. Surtout l’été, avec les fenêtres ouvertes.

En plus, selon sa propre analyse, Ferrandez pointe du doigt le mauvais parti. Si des gens s’installent pour ensuite tenter de changer le voisinage, alors qui s’affaire vraiment à détruire le charme de la mixité du quartier?

S.Martel
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août 31

Super reportage de la part d’un des «journalistes» anonymes de l’agence QMI sur les activités entourant la course de NASCAR à Montréal en fin de semaine.

On y découvre avec stupéfaction que les touristes amateurs de NASCAR et ceux de F1 sont totalement différents au niveau de leurs habitudes de consommation. On aurait pourtant pensé que, vu qu’il s’agit de course automobile dans les deux cas, les gens montés du Kentucky en pick-up et camisoles auraient eu les mêmes penchants et manières que les gens arrivés d’Italie en jeans Armani.

De la même façon, on pourrait s’attendre que les gens intéressés par la Coupe de l’America ou le Vendée Globe sont nécessairement proche des spectateurs aux Régates de Valleyfield puisque tous aiment les courses de bateaux. Ou alors que rien ne distingue les fans de Radiohead et ceux de Sylvain Cossette puisque les deux chantent en anglais.

C’est une belle illustration de ce que pond la quête incessante et à tout prix de contenu en conjonction avec le manque de culture générale, qui est devenue une vraie plaie.

S.Martel
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août 30

Parfois, j’ai vraiment l’impression que les services d’urbanisme et d’ingénierie civile de la Ville de Montréal font des projets aussi aléatoires, discutables et inutiles que l’horoscope.

On choisi, au hasard, la catégorie «entrave à la circulation» et on lance ensuite un dard sur la carte de la ville. Cette fois-ci c’est tombé sur l’intersection Berri/De La Gauchetière.

Berri / De La Gauchetière

À quoi peut bien servir ce nouvel îlot de béton qui coupe une voie de la rue Berri vers le sud, autre qu’à créer une entrave à la circulation? Berri à cet endroit, ce n’est pas une petite rue tranquille: c’est deux voies qui montent, deux qui descendent et qui permettent, entre autres, d’accéder au Vieux-Montréal, à la rue Notre-Dame vers l’est et au tunnel Ville-Marie vers l’ouest.

Encore un casque blanc qui n’a pas compris que c’est la fluidité qui aide à prévenir les bouchons, pas les contraintes arbitraires comme celle-là.

Le pire dans cette situation, c’est que la voie de droite est bien souvent remplie de véhicules qui veulent tourner à droite sur Viger direction ouest et qui doivent absolument attendre leur priorité de tourner (il y a une piste cyclable à traverser en tournant).

Dès qu’il y a un ou deux autobus, le bouchon remonte jusqu’à de La Gauchetière et des autobus, il y en a beaucoup puisque la Station Centrale est sur Berri, deux blocs plus hauts.

Bien entendu, si ça vous emmerde (probablement une partie du but), vous pouvez toujours prendre le vélo. Berri/De La Gauchetière – Baie-d’Urfé, ça se fait si bien en pédalant avec votre coffre à outils sur le dos. Surtout en février.

S.Martel
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août 29

Hier, j’ai acheté des poires directement d’un producteur. Le type me dit: «garde-les sur le comptoir pendant une semaine et elles vont être juteuses et sucrées, là elles ne sont pas mûres.»

Je comprends (bien que je trouve ça dommage que ce soit rendu une pratique courante) qu’on cueille d’avance des produits qui devront faire des milliers de kilomètres avant d’arriver chez moi, mais là? Directement au verger?

Je n’ai pas pu m’empêcher de penser: ça ne te tentait pas de les laisser dans l’arbre pendant une semaine?

S.Martel
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août 27

La vague de la géolocalisation déferle tranquillement sur toutes les sphères de notre vie numérique. Le GPS devient pratiquement une banalité sur nos ordinateurs, caméras, téléphones et autres ustensiles d’usage courant de ce début de siècle.

Un des joueurs de cette vague géotechno, c’est Foursquare. Petite description pour les non-initiés : c’est un outil qui permet de se signifier géographiquement via Twitter et qui mise sur le ludisme afin de se doter d’une raison d’être. On y remporte des médailles virtuelles à force de l’utiliser et celui qui s’est signifié à un même endroit le plus souvent est déclaré «maire» virtuel de cet endroit.

À la limite je peux comprendre certains usages. Que ce soit pour se vanter auprès de ses amis d’être à tel concert ou dans tel restaurant ou alors pour auto-promotionner ses apparitions et engagements (j’ai un exemple sur le bout de la langue qui ferait certainement monter mon trafic, mais je ne suis pas un junkie d’attention). Par contre, je ne vois tout simplement pas pourquoi quelqu’un ferait le moindre effort pour être déclaré maire virtuel de la station de métro Rosemont. C’est comme ramasser des Air Miles, mais sans le grille-pain en cadeau.

Je regarde aller certains utilisateurs de Foursquare et je n’arrive pas à comprendre quel est l’intérêt de diffuser à nos amis et en même temps à une myriade d’inconnus que l’on est chez notre dentiste. On n’en a rien à foutre que vous soyez chez votre dentiste, encore moins connaître la longitude et latitude exact de vos molaires à ce moment précis.

Malgré tout l’apparat des messages de protection de la vie privée sur Internet, il y en a qui, en quelques jours, vous offrirons un plan détaillé de leurs horaires et déplacement, incluant leur maison, leur travail, leur resto préféré, l’école de leurs enfants, la garderie du plus jeune et le parc de baseball où joue le plus vieux.

Cette information est inutile pour presque tout le monde, alors pourquoi la diffuser volontairement à un si grand nombre? Votre conjoint est probablement la seule personne qui peut être intéressée par le fait que vous êtes passé par l’épicerie ou êtes allé chercher les enfants à l’arrêt d’autobus, alors dite le lui au lieu de l’afficher sur un panneau réclame international.

En fait, les seules choses qui peuvent arriver en diffusant le détail de vos horaires et déplacement, ce sont des problèmes et du désagrément. Il n’y a pas vraiment personne qui, voyant que vous êtes au cours hebdomadaire de ballet de votre fillette, prendra la peine de faire un détour pour aller vous saluer ou vous enverra un télégramme chanté par un clown. Mais quelconque malfrat pourrait trouver intéressant de vous attendre à la sortie ou d’en profiter pour vider votre maison.

Il ne peut vraiment rien arriver de bon à diffuser ces informations à tout vents, que du mauvais. À moins que vous ne trouviez gratification à être le faux maire d’un endroit insignifiant.

S.Martel
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