Surchages

Mardi, le 13 mai 2008 par S.Martel

tomate.jpgImaginez si vous achetiez une tomate à l’épicerie et qu’on vous la vendrait 1,99$ le Kilo. Le prix est correct, je veux une tomate, elle semble bonne… vendu!

Mais là, l’épicier vous dirait ensuite qu’il faut qu’il ajoute une “surcharge” de 45¢ sur votre tomate parce que l’essence coûte plus cher de nos jours et que la tomate lui a donc coûté plus cher de transport. Ça serait complètement ridicule comme attitude et ça ne durait pas 2 jours. Le prix des tomates augmenterait en conséquence du prix de l’essence, point final.

Alors pourquoi les compagnies aériennes continuent avec ce stratagème complètement débile? L’essence est plus chère, ça monte leurs coûts d’exploitation. Ok, on a compris, alors qu’ils montent leurs prix, tout simplement.

La saison des billes

Lundi, le 12 mai 2008 par S.Martel

Le problème des gouvernements minoritaires actuels c’est qu’ils fonctionnent complètement à l’inverse de leurs potentiels. On se dit qu’un gouvernement minoritaire ne pourra pas faire tout ce qu’il veut, qu’il devra négocier avec l’opposition et qu’il en sortira le meilleur consensus possible. Des décisions qui devrait satisfaire la moyenne et la majorité, mais ce n’est pas du tout ce qui arrive.

Comme l’intérêt du parti passe la plupart du temps devant celui de la nation et de ses citoyens et que dans beaucoup de cas, l’intérêt personnel lui vole même le rôle principal, on se retrouve à semer des billes.

On sème des billes dans les corridors de l’assemblée et on joue à qui va mettre le pied dessus et dansera assez bien pour rester debout. Ça fait que ce qui monopolise le débat parlementaire est du même ordre que ce qui monopolise le 7 jours, seuls les noms et les fonctions ayant été changés.

Si quelqu’un mentionne une négociation constitutionnelle, il se fait dire que les gens n’ont pas envie d’entendre parler de la constitution, même si des gens nés après les dernières négociations pourront bientôt voter.

Est-ce que quelqu’un s’est demandé si on avait envie d’entendre parler de l’ex-blonde de Maxime Bernier? Le gars est compétent (il a montré maintes fois que c’est possible que non) ou il ne l’est pas (il a montré… en fait, il a fait quoi comme bon coup ce ministre?), mais on se fout éperdument d’avec qui il couche!

Si on en est rendu là dans les débats parlementaires, serait-ce parce que tout le reste est fondamentalement réglé?

Autopsie d’une mauvaise foi

Vendredi, le 9 mai 2008 par S.Martel

La SAAQ nous ressort encore cette année une de ces publicités-chocs où le propos moralisateur prend le dessus sur le raisonnement.

Dans ces publicités, on arrive toujours à la même simpliste conclusion: la vitesse tue. Parce que la solution à tous les maux de la route c’est ça. Tout le reste: porter attention, savoir conduire ou connaitre le code ne sont qu’accessoire, il faut seulement ralentir.

Or dans les démonstrations faites par ces publicités, la vitesse n’a absolument rien à avoir avec le malheur des usagers de la route qui y est illustré. Prenez par exemple cette publicité d’il y a quelques années.


pub1.jpgÇa ne prend pas une grosse analyse pour se rendre compte que ce n’est pas la vitesse qui est la cause de cet accident. On y dit que rouler au-dessus de la limite permise, c’est risquer sa vie. Pas autant que de rouler en sens inverse!

C’est un bon exemple d’inattention, de mauvaise conduite, mais la vitesse a rien à faire là-dedans. Cet accident serait aussi grave, même si le gars roulait seulement à 10 km/h. Un face à face, ça ne fait pas du bien même quand on ralentit et ça peut effectivement arriver quand on ne roule pas dans la bonne voie.

La publicité de cette année se classe également assez haut dans l’échelle de mauvaise foi.


oubliez_jamais2.jpgTout peut arriver dans une zone de 50 km/h… Un imbécile peut se jeter devant votre voiture, traverser n’importe où sans qu’il soit à une intersection ou qu’il y ait un passage piétonnier, mais c’est à vous, automobilistes, qu’on s’adresse.

Selon moi, dans cette publicité, la victime est derrière le volant et le coupable est étendu dans la rue, mais ce n’est pas l’ordre naturel des choses. Les piétons, étant logiquement plus vulnérables face à une tonne de métal, ils sont tous à fait innocents.

Bien qu’il est vrai que ralentir peut augmentez le temps de réaction, pourquoi le message ne s’adresse-t-il pas aux piétons pour leur dire de ne pas traverser n’importe où et n’importe comment? C’est beau de vouloir la jouer tragique, mais là c’est carrément drôle tellement c’est ridicule comme pub.

Petits pas

Mercredi, le 7 mai 2008 par S.Martel

images.jpgStockwell Day, ministre de la Sécurité publique, a publié un communiqué qui annonce fièrement que l’Agence des services frontaliers du Canada a arrêté 45 immigrants illégaux.

Bravo mon Stockwell, lâche pas parce que selon la vérificatrice générale, il n’en reste qu’un peu plus de 39 955 à rattraper.

3 km/h

Mercredi, le 7 mai 2008 par S.Martel

J’ai reçu une contravention hier. Pour avoir roulé dangereusement, sans conscience et à la vitesse folle de 72 km/h sur une rue Notre-Dame complètement déserte à Pointe-aux-Trembles. C’est frustrant. Pas de m’être fait prendre en infraction et d’avoir à payer 110$. Au nombre de fois que je roule en haut de la limite, ça n’est que normal que la moyenne me rattrape. Non, c’est l’incohérence qui me pompe.

L’incohérence d’avoir une limite de 50 km/h sur cette rue très large, possédant exactement la même configuration, par exemple, que le boulevard St-Martin à Laval où la limite est de 70 km/h. L’incohérence de ce flou artistique autour de la limite de vitesse. Parfois, à 130 km/h sur l’autoroute, je passe des pièges de radars qui ne font rien, il me semble donc que le flou va jusqu’à 30 km/h passé la limite, probablement selon l’humeur ou l’endroit. Si on avait des limites de vitesse réalistes et des contraventions dès qu’on la franchit, ça serait beaucoup plus respecté et respectable. Une limite c’est une limite, ça ne doit pas être une suggestion ou une piste de réflexion.

Je roulais si dangereusement hier, à des vitesses où le véhicule devient presque incontrôlable que même le policier a été surpris de me voir immobiliser mon véhicule bien avant sa moto et celle de son collègue. Preuve, selon moi, que mon temps de réaction était tout à fait correct à cette vitesse, que ma conduite n’était pas si redoutable et que la limite n’est pas réaliste.

D’ailleurs, il est clair, et le policier me l’a confirmé, que si je roulais en bas de 69 km/h, j’aurais simplement continuer mon chemin. Qu’est-ce qui rendait ces 3 km/h de plus soudainement intolérables? Qu’est-ce qui est si grave à 72 km/h, qui ne l’est pas à 69 km/h? Ces 3 km/h de différence c’est aussi la preuve que la sécurité n’a absolument rien avoir avec cette contravention. Cette contravention, c’est un “cover charge”, tout simplement. Le SPVM a des autos incendiées à remplacer, alors il semble que j’ai fait ma contribution en ce sens.

“Don’t you know that the speed limit is 55 miles per hour? Yeah, but I wasn’t going to be out that long…” - Steven Wright

En nomination

Lundi, le 5 mai 2008 par S.Martel

Quelqu’un a mis le Gros BS en nomination au Gala Blogu’Or, dans la catégorie Blogue Opinion. Et bien merci! Maintenant, tant qu’à y être, aussi bien jouer le jeu. Si vous voulez appuyer cette nomination, vous pouvez voter ici.

votez.jpg

Ne reste qu’à trouver où je peux louer un smoking 3D.

La ville est déçue

Lundi, le 5 mai 2008 par S.Martel

caandien.jpgLa ville n’est plus “hockey”. D’ailleurs, elle ne l’a jamais été. Pas plus qu’elle ne soit tournevis, gâteau au fromage ou bardeau de cèdre. Pour la simple et bonne raison qu’une ville ne peut pas “être hockey”.

La ville peut-être fanatique, fervente, passionnée ou mordue du hockey, mais elle ne peut pas “être hockey”. Ce genre de traduction bête, mot à mot, de ce qui à la base est un slogan marketing me donne des boutons. En plus, en français cette expression n’a aucun sens. Elle me grince dans les oreilles de la même façon que si j’avais commencé ma phrase précédente en écrivant que ça ne fait pas de sens.

Mais ce n’est pas le seul outrage linguistique que le hockey aura apporté cette année. On a vu, dans les grands médias, l’utilisation de l’expression “fans finis”. Pour une conversation banale dans une polyvalente ou à la Cage-aux-Sports, ça va. Comme titre dans un quotidien, c’est assez ordinaire.

Certain diront que c’est la langue qui évolue, je réponds d’avance que cette tentative de justification c’est comme si on considérait obtenir une promotion en passant d’un poste de directeur des finances à commis-comptable.

Expéditeur en herbe

Vendredi, le 2 mai 2008 par S.Martel

colis.jpgAujourd’hui, je suis passé au bureau de poste, ou plutôt chez le dépanneur faisant office de bureau de poste près de chez moi afin de vérifier le coût d’envoi d’un petit paquet. Une enveloppe de 30 cm sur 20 contenant 70g de tissu et de carton.

Première surprise pour l’expéditeur néophyte que je suis: contrairement aux lettres, ça ne coûte pas le même prix pour tout le Canada. Bah, je me dis que c’est normal, plus c’est loin plus ça doit coûter cher. Je vérifie donc pour le plus loin possible: Vancouver. L’envoi en service régulier coûte 7,83$. Pour voir l’influence de la distance, je demande le prix pour Laval: 6,99$. Pas une grosse différence pour 3000 km de plus…

Mais comme il pourrait-être possible que je doive envoyer ce même type de coli à l’étranger, je vérifie le prix pour les États-Unis, disons au hasard: en Californie. On m’informe qu’un envoi en service régulier coûte 2,17$. Quoi?! Mais monsieur le simili-postier, c’est envoyé dans un autre pays pour moins que le tier du prix pour l’envoyer l’autre bord de la Rivière-des-Prairies? Réponse: Oui, mais l’envoi au Canada sera plus rapide. Euh, c’est la moindre des choses, à 3 fois le prix.

Je décide donc de pousser l’exercice pour le reste du monde. En général, ça coûte 4,24$ pas mal partout ailleurs sur la planète. OK… une minute là, y’a un bout que je ne comprends pas. Envoyer mon paquet en Argentine, à Tahiti, en Arabie saoudite ou au Népal me coute presque la moitié du coût de l’envoyer à Laval?! Il doit y avoir une erreur, le type au comptoir ne m’a pas donné les bons renseignements… J’ai donc contre-vérifié sur Internet: ce sont les bons tarifs.

Le plus prêt que j’en arrive d’une explication valable, c’est qu’à l’étranger les services postaux locaux prennent la relève à un certain moment donné. Mais le centre de tri de Poste Canada ou l’aéroport Dorval sont quand même plus loin de chez moi que Laval!

Je reste avec l’impression de me faire avoir, encore une fois.

Quand le chat est parti…

Jeudi, le 1 mai 2008 par S.Martel

Il existe au Québec, dans la loi sur la protection du consommateur, une garantie légale. En gros, ça veut dire qu’un bien qu’on achète au Québec doit fonctionner correctement pendant une durée raisonnable. Ça rend complètement inutiles les garanties prolongées et protège le citoyen face à des problèmes de fonctionnement ou de fabrication qui ne devraient pas être à leur frais, au-delà des garanties très limitées offertes par les commerçants et les fabricants.

Malheureusement, l’Office de la protection du consommateur a été dégraissé de façon significative depuis une douzaine d’années. Si bien que ses employés n’arrivent même plus à renseigner correctement les citoyens sur des mesures comme la garantie légale, bien inscrite dans la loi qu’elle a le mandat de faire respecter. Au-delà de l’information, la portée de l’OPC est devenue ridicule, voire inexistante. On ne fait pas respecter grand-chose avec 5 enquêteurs couvrant le Québec au complet (et tous basés à Montréal) et 4 avocats alors qu’il y a 15 ans, cette équipe comptait plus d’une cinquantaine de personnes.

Imaginez l’impact si l’OPC menait une campagne pour informer les gens de l’inutilité des garanties prolongées comme ils l’ont fait pour les prévenir contre le crédit dans les années 70. Malheureusement, ils n’en ont plus les moyens. Le gouvernement préfère des campagnes de sensibilisation pour avertir les travailleurs de la construction perchés en hauteur qu’ils peuvent tomber, même si ça ne représente que bien peu de personnes à mettre face à une telle évidence.

L’OPC a perdu tant de force que la loi sur la protection du consommateur n’a plus d’effet préventif. Les commerçants et manufacturiers s’en contrebalancent. Je me suis frotté à cette indifférence cette semaine. J’appelle le manufacturier de ma super laveuse frontale parce que le caoutchouc de la porte ramasse de la moisissure. Le problème est bien documenté sur Internet et le manufacturier reconnaît ce problème. II a même mis en vente, à fort prix, un produit contre ce problème depuis que j’ai acheté mon appareil, il y a 3 ans. Il reconnaît même qu’il y a de la jurisprudence au Québec pour un cas similaire, mais m’informe quand même qu’il ne remplacera pas le morceau.

Lorsque j’ai invoqué la garantie légale, je me suis fais répondre par l’agent de service à la clientèle que la compagnie est au courant des lois et des mesures que j’invoque, mais que ce n’est pas dans sa pratique de les respecter! Il faudra que je fasse réparer la laveuse à mes frais et que j’intente une poursuite à la cour des petites créances par la suite. Bref, l’information qu’un agent de l’OPC aurait dû me donner, je me la fais refiler par la compagnie qui me dit du même coup “arrange-toi pour me poursuive, moi je ne respecte pas la loi”.

C’est désolant de voir que les gouvernements successifs continuent de couper les ressources à cet Office. Un chien de garde important qui devrait servir directement le citoyen et le protéger, autant que le font la loi sur l’assurance automobile ou le Code civil. Une spécificité québécoise majeure, une entité de défense et d’information, qui est d’autant plus nécessaire aujourd’hui vu le nombre grandissant d’arnaques et de possibilités de fraude, mais qui disparait doucement à grands coups de désintéressement et de phobie du déficit.

Collectivement, on doit bien économiser de l’argent à couper chez l’OPC, mais collectivement on en perd aussi beaucoup à se faire fourrer, alors que la surveillante a quitté la cour d’école. La balance penche de quel bord vous pensez?

D’outre-tombe

Lundi, le 28 avril 2008 par S.Martel

trudeau.jpgUn petit message aux auteurs de ce méfait sur le tombeau de Trudeau en fin de semaine. Tout d’abord, cessez de vous réclamer du FLQ. Le FLQ est mort et ne ressuscitera pas. De plus, utiliser leur appellation dans la perpétration de petits gestes sans aucun impact ou ambition comme vous le faites, c’est de ternir la mémoire de gens que, de toute évidence, vous tenez en admiration.

Qu’on soit d’accord ou non avec leurs moyens, leurs motivations ou leurs idées, on ne peut que souligner l’intégrité de gens qui restent debout, même dans la défaite et qui prennent consciemment toute la responsabilité de leurs actes. Ces gens-là étaient prêts à tuer et mourir pour faire valoir leurs idées, des idées qui allaient au-delà du nationalisme simple et qui rejoignaient des concepts révolutionnaires du monde que vous n’arriveriez même pas à verbaliser.

Loin de moi l’idée de glorifier le terrorisme qui, selon moi, est une stratégie inacceptable, mais l’utilisation de l’anagramme FLQ est bien loin de ti-culs qui vident une bombe aérosol achetée chez Rona. Ce sont vos héros, au minimum, respectez-les.

Maintenant, un petit message à ceux que ce geste offusque. Êtes-vous vraiment surpris? Je pense que même le principal intéressé ne le serait pas. En bon despote qu’il était, Trudeau savait donner des coups, mais il savait aussi attendre et manier la riposte. Ce n’est pas pour rien qu’il a gagné la plupart de ses combats.

Lorsque Ryan est mort, Falardeau s’est fait vivement reprocher de l’avoir rincé une dernière fois. Devient-on soudainement noble et respectable parce qu’on est mort? Pas du tout. Nous restons ce que nous avons été, bon pour nos amis, terrible pour nos ennemis. Trudeau représente, pour beaucoup de québécois et avec raison, l’oppresseur venant de l’intérieur. Le conquis par excellence qui a vendu ce qui restait des siens. Est-ce que ceux qui ont passé, en 1970, des semaines en prison, sans accusation, sans procès et sur la base très mince de leurs affiliations avec certains groupes de réflexion nationale tout à fait innocents et pacifiques, devraient maintenant respecter Pierre Elliott Trudeau parce qu’il est mort?

D’aller cracher sur sa tombe est enfantin et même disgracieux. De se dire “qu’il en mange un char” reste tout à fait justifié. Il le méritait vivant, il le mérite mort et serait probablement le dernier à s’en offusquer.

Quand avez vous réalisé que vous étiez Dieu? - Quand, en priant, je me suis soudain rendu compte que je me parlais à moi-même.
Peter O'Toole