mar 26

monopolyMichael Sabia renonce à ses primes pour l’année en cours et la suivante. Comme il est raisonnable. Aussi raisonnable qu’un petit garçon qui refuserait un biscuit alors qu’il vient de s’empiffrer de la moitié du sac. 

À un salaire de base de 500 000$, le PDG de la CDP a droit aussi à une pension annuelle de 235 000$ à la retraite ainsi que des primes de rendement et une indemnité de départ (ce à quoi Sabia renonce). Est-ce que cet emploi vaut vraiment ça? Je ne parle pas de Sabia lui-même. C’est clair qu’à ce poste, cet hurluberlu ne vaut même pas le prix d’une heure de parcomètre devant ses bureaux: il n’a aucune expérience de gestion en placement et son CV est parsemé de mauvais passages. Mais, c’est un ami de la famille, un bon pion canadian qu’on a placé sur une des cases les plus stratégiques du Québec, à un moment où bien peu de gens ont l’énergie ou l’intérêt de s’en outrer.

Mon questionnement dépasse Sabia et la CDP. Est-ce que le salaire doit vraiment être proportionnel à la valeur des actifs gérés? Ne devrait-il pas être plutôt proportionnel au mérite? C’est un peu comme le pourboire lorsqu’on va au restaurant. Que je mange dans un restaurant de quartier à 20$ ou que je me paye le restaurant branché et prestigieux à 300$, la job du serveur reste la même. Alors pourquoi s’attendra-t-il à 45$ de pourboire d’une part et à 3$ de l’autre? 

OK pour le salaire du gestionnaire, peut-être que ça le vaut. Si on le calcul à l’heure, c’est moins cher que de se payer un bon avocat, mais les conditions d’octroi des régimes de retraite pour ces emplois de gestionnaire dépassent mon entendement. Selon moi un régime de retraite, tout comme une prime de rendement ou une indemnité de départ, ça se mérite, ça ne se distribue pas systématiquement à l’embauche. Un régime de retraite doit aussi être proportionnel au temps consacré à un emploi. Qu’un gestionnaire vienne passer quelques petites années, à gros salaire, à la tête d’une entreprise ne vaut pas qu’on le paye pour le restant de ces jours la moitié de son salaire. 

Le plus indécent, c’est que ces gestionnaires de haut niveau sont un petit groupe sélect qui s’auto-nomment entre eux sur différents conseils d’administration. On siège à la fois chez BCE, la Banque Royale, Air Canada et à la Croix Rouge pour se permettre d’être encore considéré comme un membre de la race humaine. On empoche simultanément les salaires et ensuite on cumulera concurremment les plans de retraite généreux que nos amis nous ont octroyés pour s’être à peine arrêtés dans l’entreprise.

Dans le fond, je me pose l’éternelle question sans vraiment de réponse: quand est-ce que riche devient assez riche?

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S.Martel
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7 commentaires sur “Trop comme pas assez”

  1. 1. Jojo

    J’imagine qu’ils doivent donner tout ce bonbon à Michael Sabia parce que personne ne voulait la  »job »!

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  2. 2. Jean-Luc

    Dans le privé, cette job est payé entre 2 et 4 millions par année + bonus. Comme le gouvernement ne peut pas donner ce type de salaire, elle y va avec une rente des plus intéressantes. Il s’agit du seul moyen d’attirer des gens avec du talent quand on peut pas égaler le salaire annuel.

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  3. 3. Garamond

    Sabia a renoncé à tout sauf son salaire de 500,000$ . À première vue, on dirait vraiment qu’il est modeste…
    Mais, ce monsieur va recevoir 865,000$ par année de BCE, plus une autre pension d’une des compagnies où il est allé faire le trouble dans le passé.
    Il est multi-millionnaire en plus. Son geste ne m’impressionne pas du tout.

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  4. 4. S.Martel

    Jean-Luc, les salaires du privé ne sont pas plus décents ou justifiables.

    Merci de la précision Garamond, je savais qu’il recevrait une rente de BCE, je ne savais pas à quelle hauteur… Tout ça pour 6 années de gestion plus que discutable. Imaginez si vous n’étiez pas si bon que ça dans votre emploi et que vous demandiez de telles conditions après 6 ans.

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  5. 5. pasdedentier

    Bon alors vous proposez quoi pour embaucher un gestionnaire de premier ordre pour gérer la plus grosse caisse au Canada ? Un prof de comptabilité léniniste de l’UQAM, tiens LP Lauzon serait peut-être intéressé ? Le mari de Mme Marois ? il s’en est déjà mis plein les poches en tétant l’état depuis 25 ans.

    « la job du serveur reste la même » pas fort comme argumentaire

    Est-ce que le salaire de Céline Dion est justifiable, c’est juste une chanteuse tout comme Mario Pelchat ? Celui d’Alex Ovechekine , c’est juste un joueur de hockey comme Patrick Brisebois? Si votre site web était lu par des millions de personnes, peut-être que vous gagneriez plus vous auussi ?

    Et pourquoi avons-nous besoin de la Caisse alors qu’on pourrait donner à 5 ou 6 firmes de placement réputées chacune une tranche à investir ? Leurs frais de gestion seraient moins que le coût de supporter l’énorme éléphant qu’est devenu la CDP avec son siège social de 350 M $ ?

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  6. 6. lutopium

    D’après ce que j’en comprend, M. Sabia recevra bientôt une pension du gouvernement fédéral, du CN et de BCE. Ça lui donnera une rente d’environ un million de dollars par année. La pension qu’il recevra de BCE a été truquée car le conseil d’administration a accepté de gonfler ses années d’ancienneté. Alors qu’il n’a travaillé que 9 ans chez BCE, on lui a reconnu quelque chose comme 35 ans. Il faut se rappeler également que le conseil lui a donné une prime de départ qui roule entre 30 et 50 millions.

    Monsieur Sabia est le fils de Laura Sabia, grande féministe et militante des droits sociaux qui s’est présentée à deux reprises aux élections fédérales sous la bannière conservatrice. Monsieur Sabia est marié à Hilary Pearson, petite-fille de l’ancien premier ministre Lester B. Pearson. Monsieur Sabia est le grand copain de Paul Tellier, ils sont tous deux membres de l’Ordre du Canada et ont travaillé ensemble au Conseil Privé à Ottawa et ont contribué à la privatisation du Canadien National, sous les ordres de Brian Mulroney. Monsieur Tellier était membre du conseil d’administration de BCE lorsque Monsieur Sabia était aux commandes.

    En plus de ne pas posséder les qualifications requises pour diriger la Caisse de dépôt, Monsieur Sabia représente l’image idéale du colonisateur canadien. Pincez-moi, je crois rêver…

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  7. 7. décembre

    Les salaires des gens ne regardent personne, même pas l’impôt mais ça, c’est une autre histoire.

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