août 11

pb.jpg Je me souviens d’une certaine conversation avec Pierre Bourgault, lors de mes études en communication à l’UQAM. À cette époque, le module des communications de l’UQAM étudiait la possibilité d’instaurer un programme de journalisme. Un baccalauréat en journalisme.

Bourgault s’y opposait farouchement et son argumentaire était bien logique: Lorsque ces jeunes vont sortir de l’école au bout de trois ans, ils sauront écrire, ils sauront raconter une histoire, bâtir un article, mais de quoi vont-ils parler? Ils n’auront aucune autre connaissance.

Bourgault pensait, et je crois bien qu’il avait raison, que le programme de journalisme devait être un programme de deuxième cycle. Allez apprendre quelque chose, ensuite vous apprendrez à parler de ce que vous connaissez disait-il.

Or, depuis ce temps, les finissants de ce programme de journalisme ont fait leur entrée dans les médias. Ne vous demandez pas pourquoi on y trouve autant d’incohérences et d’affirmations complètement farfelues: certains journalistes qui commencent aujourd’hui dans le métier ont en fait de connaissances générales, un niveau CEGEP.

La première fois que je me suis dit qu’il était arrivé exactement ce que Bourgault craignait, c’était en lisant banalement la Presse, il y a quelques années. À ce moment on y publiait un reportage de plusieurs pages sur le tournage de The Aviator à Montréal.

Le journaliste, que je savais pertinemment sorti du programme uqamien de journalisme, a passé un paragraphe complet à s’émerveiller devant le fait qu’on avait construit une réplique grandeur nature, fait entièrement de contre-plaqué, de l’avion de Howard Hughes surnommé Spruce Goose.

spruce.jpgExtraordinaire, fantastique, inimaginable… et il insistait que toute cette réplique était construite en contre-plaqué! Ce qui trahissait l’ignorance du journaliste et qui rendait cette réplique cinématographique bien ordinaire, c’est que plus de 50 ans avant, l’original H4, dit Spruce Goose de Hughes était fait entièrement de… contre-plaqué!

Ce n’était pas un gros mystère à élucider: C’était la spécificité même de cet appareil, développé à un moment où les métaux étaient devenus rares dû à l’effort de guerre et puis plus simplement, « Spruce Goose » veut bien dire « Oie d’épinette ».

C’est un détail dans une histoire de peu d’importance, j’en conviens. Mais ça fait quand même la démonstration d’un manque de rigueur et de connaissances flagrant, venant pourtant d’un diplômé en « journalisme ».

Dites-vous seulement qu’il y a probablement des journalistes, diplomés du même programme, qui aujourd’hui expliquent et analysent le conflit Israëlo-Libanais.

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S.Martel


10 commentaires sur “L’ignorance journalistique”

  1. 1. Gege

    C’est comme les étudiants en  » Science  » Politique… souvent après à peine 3 ans d’étude pour leur bacc, ces hirsutes en gougounes avec des bas ( pavillon de Konick à U laval ) se croient experts en conflit Canada-Québec ou Palestino Israelien ou tout autres situations politiques et geo-politiquse qui ont débuter avant leur conceptions… Franchement.

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  2. 2. coyote des neiges

    Cette situation est-elle confinée au Québec??? Une lectrice m’a envoyé en commentaire un article du «Monde»
    http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3238,36-801604@51-798154,0.html
    dont je recopie le dernier paragraphe :

    «C’est à cause du CO que les narguilés sont interdits, depuis 2002, dans les lieux publics au Maroc. Cependant, face à ce phénomène de mode international, les narguilés restent autorisés dans les grands restaurants et les établissements touristiques. Au Québec, les volutes de narguilés planent dans les bars et les cafés alors que la cigarette y est interdite.

    Personnellement, je n’ai jamais vu de narguilé dans un bar au Québec, et si je lis la loi, ça dit bien que c’est FUMER qui est interdit, pas la cigarette comme telle…
    Un journaliste qui parle au travers de son chapeau??? (D’ailleurs si on lit rapidement ce paragraphe, on reste sous l’impression que « les narguilés restent autorisés dans les grands restaurants et les établissements touristiques. Au Québec»… L’avant dernière phrase ne se rapporte pas au Québec, malgré la transition allègre qui est faite dans la dernière phrase…
    En plus d’être faux, c’est mal écrit!

    L’accès à cet article n’étant gratuit que pour les derniers 3 jours, je t’envoie le copier coller de l’article au complet par courriel…

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  3. 3. coyote des neiges

    J’ai oublié de fermer mes guillemets de citation après «alors que la cigarette y est interdite.»…

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  4. 4. pm

    Aucun rapport, mais c’est pas plutôt « Oie d’épinette »?

    (NDLR: Il était inscrit « Oie de sapin » dans le texte au moment du commentaire de PM)

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  5. 5. Henri

    Très bon texte qui donne un éclairage nouveau pour mieux comprendre le cirque médiatique et sa médiocrité inhérente.

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  6. 6. S.Martel

    PM: Tu as raison, je corrige ça. Comme je connais mal les noms d’arbres en anglais,  je me suis fié au dictionnaire. Y’a plus personne de fiable! ;)
    De toute façon, le surnom de l’avion était éronné puisque qu’il était fait en bouleau. J’imagine que « Spruce Goose » sonnait mieux que « Birch Goose »…

    Coyote: Le naguilé fait parti, comme les cigares, des rares permissions inscrites dans la loi, pour les endroits où il sagit de la raison d’être de l’établissement et qui était ouvert avant son application.

    Mais effectivement, y’a pas de volutes de narguilés qui planent dans les bars et les cafés…

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  7. 7. André Bérard

    Excellent billet! La formation ce n’est pas tout.

    André Bérard
    Blogue-Notes

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  8. 8. Vio

    L’ignorance est une chose, la paresse en est une autre… C’est dommage, mais trop de journalistes (jeunes comme vieux, d’ailleurs) ne prennent plus le temps de pondre des articles qui ont de l’allure, de vérifier certaines informations vitales, de se questionner, même. Avec la poche excuse que tout va trop vite. Est-ce que ça s’apprend à l’université, le « botchage »?

    Biscuit Vio

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  9. 9. Accent Grave

    Pleinement d’accord avec Vio. Je journaliste doit demeurer alerte, toujours vérifier ses sources. La plupart du temps, l’erreur n’est pas intentionnelle, ce qui rend plus difficile sa détection. C’est le travail du journaliste de ne rien prendre pour acquis, surtout ce qui est répété par tous.

    J’ai à l’idée cette assertion voulant que le Hezbollah soit financé par l’Iran et la Syrie. Est-ce vrai? Tout le monde répète la chose. Ce sont de riches Saoudiens qui ont financé les terroristes du 11 septembre. Pourquoi ces derniers ne financeraient-ils pas le Hezbollah eux aussi? Qui a avantage à pointer l’Iran comme le principal responsable?

    Je ne suis pas d’accord avec Bourgault, je ne crois que doive avoir tout vécu pour écrire en tant que journaliste.

    Accent Grave

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  10. 10. André Bérard

    Bourgault se laissait souvent emporter par lui-même!

    André Bérard
    Blogue-Notes

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