avr 24

etudiants.jpgJe crois bien que la hausse des frais de scolarité de 100$ par année, pour 5 ans, est raisonnable. Malheureusement, les étudiants vont monter aux barricades pour ce 50$ par session et ça va leur faire perdre beaucoup de crédibilité lorsqu’ils voudront s’opposer à une vraie hausse inacceptable des frais. C’est peut-être là, d’ailleurs, une stratégie du gouvernement.

Ça ne donne pas grand-chose de se payer des études, si en bout de ligne le diplôme ne vaut rien parce qu’il vient d’une université de bas niveau. Il y probablement bien d’autres solutions qu’un apport financier pour rendre les universités québécoises plus efficaces, mais dans la situation actuelle, ça ne fera certainement pas de tort à l’institution et ça ne fera pas beaucoup de différence dans les poches des étudiants.

Si pour un étudiant, 50$ par session fait la différence entre continuer ses études ou tout lâcher, c’est que ces études ne sont pas vraiment une priorité pour lui. Quelqu’un qui a le goût et la volonté de réussir absolument des études universitaires les mènera à terme coûte que coûte. Ce n’est pas une hausse de 50$ par session qui l’arrêtera. Et si c’est le cas, imaginez comment la vie de travailleur, d’employé ou d’entrepreneur sera remplie d’embûches insurmontables pour cet individu.

Quand j’ai commencé mes études universitaires, je payais 255$ par session. Quand je les ai finis, 5 ans plus tard, je payais 1000$ de plus par session, alors la hausse de 500$ sur 5 ans ne m’émeut pas beaucoup. D’autant plus que 500$ aujourd’hui, c’est pas mal moins que la moitié de 1000$ d’il y a 15 ans.

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S.Martel


15 commentaires sur “Pas si pire”

  1. 1. Gabriel S.

    Commentaire un peu en parallèle avec le sujet et qui concerne la dernière manifestation étudiante à Montréal.

    Beaucoup de causes étaient défendues et les opinions variaient beaucoup à l’intérieur même du mouvement. Certains sont contre l’indexation qui n’est pas accompagnée d’une amélioration des services en conséquence, certains sont pour la gratuité utopiste et je pense que nous étions une bonne majorité à nous être déplacés simplement pour faire un pied de nez à la loi 142.

    Qu’une loi totalement floue et subjective me prive de mon droit fondamental de manifester mon désaccord… Je ne sais pas, mais je trouve que le tout manque un peu de démocratie. Est-ce seulement moi?

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  2. 2. Carl Lajeunesse

    Le gel des frais de scolarité est une utopie, car dû à l’inflation, tout gèle est en fait une diminution à long terme.

    Et si on calcule : Frais universitaire actuel environ 1600$, inflation 2%.
    Donc normalement, les frais de scolarité devraient augmenter de 32$ par session. C’est finalement pas trop pire le 50$.

    Les mouvements étudiants devraient surtout se plaindre de l’augmentation des frais de scolarité du primaire et secondaire.
    Arrretons de se mentir, le primaire/secondaire n’est pas gratuit. Parlez-en aux parents qui doivent payer pour las cahiers, la bibliotheque, pour la surveillance du midi, pour les calculatrices,etc.
    Je ne parle pas des frais non-obligatoire mais presque: vetements, sortie, bientot internet, etc.

    Cependant, il faut prendre exemple sur les mouvements étudiants, car ils sont rare les mouvements qui osent affirmer ce qu’ils pensent. Et comme ils sont peu écoutés, ils n’ont pas le choix de faire les choses en grand car ils ne provoquent pas la peur autant que des autochones.

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  3. 3. Une étudiante

    Je ne connais aucun étudiant qui mettrait fin à ses études suite à une augmentation des frais de scolarité de « seulement » 50$ par session. Il y en a peut-être, mais je préfère croire que ce sont des cas exeptionnels… La plupart vont continuer avec cet argent en moins. C’est l’idée de la gratuité scolaire que certains veulent défendre par les protestations contre la hausse des frais. Les étudiants pauvres qui bénéficient du programme de prêts et bourses ou ceux qui financent eux-mêmes leurs études sentent qu’on vient encore piger dans leurs poches qui ne sont pas aisées à remplir. Je suis d’accord pour dire que selon l’inflation, il est logique que les frais augmentent. Mais les moyens monétaires des étudiants, eux, sont loin d’être en augmentation.

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  4. 4. S.Martel

    En fait, si les frais de scolarité sont resté les mêmes depuis de nombreuses années alors que l’inflation faisait son oeuvre, on peut logiquement dire que oui, les moyens des étudiants étaient en augmentation puisque la part de ces frais dans un budget diminuait. ;)

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  5. 5. Charles Boisvert

    Faut pas faire oublier que:

    •Le gouvernement, lors de son annonce officiel, n’a aucunement mentionné de bonifier le régime d’aide financière aux études, ce qui pourra avoir comme conséquence une hausse de l’endettement étudiant d’environ 8000$ supplémentaire.

    •Toute augmentation des frais de scolarité entraîne nécessairement une hausse parallèle de l’endettement étudiant, surtout au détriment des étudiants-es provenant des milieux défavorisés et même de la classe moyenne.

    •Les problèmes financiers constituent la principale cause d’interruption des études chez les étudiantes et les étudiants.

    •La FEUQ a aussi tenu bon de rappeler que plus de 51 % des étudiants ne
    reçoivent aucune contribution de leurs parents. Le revenu annuel moyen d’un étudiant universitaire est de moins de 12 000 $. La capacité de payer des étudiants-es est manifestement très limitée.

    •La condition économique des étudiants est précaire. En effet, le revenu moyen des étudiants a diminué de 6 % en dollars constants depuis 1994, les étudiants n’ont pas plus d’argent dans leur poche, ils en ont moins! Nous pouvons souligner également que le revenu moyen des étudiants est 27 % plus bas que le seuil de pauvreté.

    C’est sa le gros bon sens pour moi

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  6. 6. S.Martel

    Expliquez-moi comment 50$ de plus par session peut avoir comme conséquence une hausse d’endettement de 8000$. Moi je vois 50$ par session sur, soyons généreux, 8 sessions, donc 400$. Faudrait peut-être que vous arrêtiez d’emprunter à un shylock mon cher.

    Quelle valeur aura votre diplôme s’il vient d’un système d’éducation sous-financé et inapte au point où ses diplômés n’arrivent plus à faire une simple multiplication ou même écrire correctement un adjectif déterminatif.

    Ça, c’est du gros bon sens.

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  7. 7. Jessé

    Bon ya certaines personnes pas nécessairement fortunées qui parviennent à moisir 6-7 ans aux études pour un cours qui en prend 3, alors tout le monde peut facilement faire des études supérieures au Québec avec le moindrement de volonté. Il serait à considérer de couper sur deux caisses de bière par session….

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  8. 8. Alain

    On parle ici d’une hausse de 50$ par session à chaque session pour 5 ans. Deux fois 50$ de plus par année, ça signifie donc une hausse de 500$ par session au bout de 5 ans. Pour un bac de trois ans, 6 sessions X 500$, ça fait 3000$ d’endettement supplémentaire. Alors je crois qu’on est pas de la même classe sociale parceque mes caisses de bières ne me coûtes pas 250$ chaque.

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  9. 9. Corinne

    On s’est fait leurré…c’est pas 50,00$ d’augmantation par session….c’est un 50,00$ additionnel par session…c’est foutrement pas pareil….

    Voir lien internet:http://www.ameriquebec.net/2007/02/27-hausse-des-frais-de-scolarite-autre-mensonge-de-jean-charest.html

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  10. 10. S.Martel

    Corinne, comme vous pouvez le lire dans l’article: j’ai subi une hausse semblable, j’ai quand même terminé mes études et ne suis pas mort de faim et ne me suis pas fait écrasé sous le poids de ma dette en sortant.

    Mais si vous trouvez ça trop cher d’étudier au Québec, vous pouvez toujours essayer d’aller étudier à l’étranger…

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  11. 11. Annie

    À ceux qui pensent que la scolarité gratuite est une utopie, qu’on n’a pas les moyens, je demande : est-ce qu’on a les moyens de ne pas l’avoir? (Et y’a pas que ceux qui « moisissent » à l’université, l’école c’est aussi le cégep et le secondaire.)

    Des jobs « pas de secondaire 5″ y’en reste-tu? Combien reste-t-il de manufacture au Québec? Si on veut aller vers une « économie du savoir », va ben falloir éduquer le monde, non?

    Si y’a juste la classe supérieure qui a accès aux études, on va faire quoi avec les pauvres sans formation? Les envoyer étudier à l’étranger comme le suggère S. Martel???

    Ça n’a pas d’importance ce que le monde pense qu’un étudiant devrait faire pour s’en sortir, et s’il a le droit ou non de s’acheter une caisse de bières. Le fait est qu’il y a plein d’étudiants qui lâchent leurs études à cause de difficultés financières. C’est un fait. Maintenant c’est quoi la solution?

    Solution: On augmente les frais de scolarité, on ajuste les prêts en conséquence. Ça permet d’aller chercher un paquet d’argent en intérêt sur le dos des jeunes. Comme ils vont devoir rembourser leurs prêts en commençant sur le marché de travail, ils vont repousser l’achat d’une première maison, et avec un peu de chance, ils vont attendre plus longtemps pour faire des enfants, plus vieux égale moins fertile donc moins d’enfants. Moins d’enfants, plus besoin d’augmenter les places de garderie. Ensuite on ferme les écoles, on les transforme en résidence pour les vieux (ça c’est payant!). Pis d’ici 10-15 ans on va être prêt à vendre le pays aux États-Unis, on ferme les régions et tout le monde mange du Cheesewiz.

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  12. 12. S.Martel

    Des études supérieures à moins de 10 000$ c’est loin d’être réservé à la classe supérieure. En contexte, c’est un méchant bon deal.

    Une gratuité totale, sans aucun retour direct, pour plein de raisons et d’incertitudes, ce n’est pas viable comme modèle. Maintenant, pour ceux qui n’ont pas la possibilité de payer cette somme, un prêt gouvernemental couvrant entièrement les frais d’études et remboursable à un pourcentage de son salaire, par exemple 1%, pendant une longue période, disons vingt ans, ça serait une bonne façon d’assurer à la fois l’accessibilité et le financement à long terme.

    Et ça ne sort pas de nul part ce genre de modèle, ça se fait dans les plus grandes universités.

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  13. 13. Annie

    C’est vrai que c’est *encore* accessible. Et il faut se battre pour que ça le reste!

    Pour ce qui est du coût réel, ça varie d’une université à l’autre. À l’UQAM, ça coûte (en gros) 1000$ par session. Un bac c’est au moins 6 sessions (y’a des programmes de 4 ans, mais en général c’est 3 ans), une maîtrise 6 sessions, un doc minimum 12 sessions. Évidemment, ce n’est que les frais de scolarité, ça n’inclut pas les livres et le matériel nécessaire, ce qui varie énormément d’un programme à l’autre.

    Alors oui, si on fait un bac on s’en sort à moins de 10 000$, mais pas si on fait des études supérieures. Pour les étudiants qui étaient déjà sur les prêts et bourses au cégep, c’est une autre histoire…

    Je n’ai encore jamais entendu un argument logique qui viendrait étayer la thèse de la non-viabilité de la gratuité. À chaque fois, c’est toujours le même argument d’autorité, décliné en différentes saveurs : c’est pas viable, on n’a pas les moyens, c’est une utopie, etc. Vraiment? Pourquoi est-ce une utopie? Jamais de réponse…

    Moi quand je vois que l’apport des étudiants de l’UQAM (par exemple) ne représente que 15% du budget total de l’université, je me dis 1) que ça doit pas être si difficile que ça d’aller chercher ce 15% ailleurs et 2) que les augmentations de frais font beaucoup de mal aux étudiants pour en bout ligne représenter très peu de chose dans le budget. Autrement dit, ça sert plus à ramasser du capital politique qu’autre chose. Mais l’idée du remboursement à long terme est vraiment bonne!

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  14. 14. S.Martel

    L’avantage de ce modèle de remboursement c’est que l’étudiant n’a rien à débourser pendant ses cours, il n’a pas à s’en faire avec les finances et peut se concentrer entièrement sur les études.

    Ensuite, le système est à peu près certain de se faire rembourser entièrement vu la longue période de remboursement, et ce, sans jamais étouffer le finissant sous le poids de la dette vu le faible taux annuel de remboursement.

    En plus, pour un bon nombre de finissants, le 1% représenterait beaucoup plus que les frais encourus, alors ça permettrai un financement bonifié des institutions. Sans compter que des redevances basés sur les salaires sont naturellement indexés.

    Je ne comprends pas que ça ne soit jamais une idée qui soit proposé ce genre de modèle.

    PS: Annie, je croyais que le baccalauréat faisait parti des études supérieures. J’ai fais un mauvais choix de terme si ce n’est pas le cas.

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  15. 15. Annie

    C’est vrai qu’il peut y avoir un certain flou sémantique. On peut parler d’études post-collégiales ou d’études universitaires de façon générale. Les études universitaires sont divisées en 3 cycles (1er cycle = bac, 2e cycle= maîtrise, 3e cycle = doc).

    À ma connaissance, on fait partout une distinction entre le 1er cycle et les « cycles supérieurs ». Ça peut paraître élitiste, et ce l’est surement! La terminologie est assez révélatrice de l’attitude. En français, on n’est pas si pire… parce qu’on parle d’études supérieures pour le 2e et le 3e cycle, mais on ne dit pas « études inférieures » pour le bac!!! alors qu’en anglais on fait la distinction avec « graduate » (qui donne l’anglicisme « gradué ») et « undergraduate ». Et les étudiants « undergraduate » sont effectivement regardés de haut! Évidemment, c’est pas tout le monde qui est snob à l’université… mais y’en a :-)

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