jan 29

Souvent, je m’emporte pour des questions de principe, d’intégrité, de respect ou de fierté. Je pense que nos valeurs n’ont de sens que si elles sont défendues et pour moi, la fierté est une de ces valeurs essentielles qui doivent absolument être entretenues et par lesquelles on module le reste.

Lorsque j’exprime ma conception de la fierté ou simplement mon point de vue avec la fierté comme argument, ça soulève fréquemment, ici où ailleurs, des élans de cynisme, d’appréhensions et de désapprobation. Comme si la fierté était devenue une nuisance.

C’est peut-être parce qu’on arrive mal à distinguer la fierté, ce sentiment de contentement empreint d’estime par rapport à soi-même et cette marque de satisfaction de notre accomplissement, de la prétention. C’est peut-être aussi parce qu’on se laisse aller, on se laisse vivre, qu’on a donné les rênes de notre sort et qu’on n’est même plus intéressé à les reprendre.

Si la fierté collective est disparue à grand coup d’individualisme, elle devrait quand même se retrouver chez les individus. Or, on n’entend plus jamais parler de la fierté de bien faire son travail, d’avoir réussi, de connaître et savoir, d’avoir résolue, accompli ou créer quelque chose. Bien que le culte du chacun-pour-soi subsiste, un sentiment comme la fierté d’une somme d’individus a tendance à déteindre sur le groupe. Mais toujours aucun signe de fierté à l’horizon.

C’est dommage parce que le sentiment de fierté est simple, pur et accessible. Il peut se transformer en formidable moteur de réussite dans tous les domaines de notre vie. Mais la fierté demande de l’ardeur et une implication, on ne peut jamais être fier de ce qu’on a obtenu sans effort. Aurions-nous perdu notre fierté par paresse?

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S.Martel


9 commentaires sur “Où est la fierté?”

  1. 1. André Bérard

    Fierté, droiture, honnêteté sont des valeurs qui sont malmenées. Dans mon travail, je suis en mesure de le constater quotidiennement. Beaucoup de politiciens ont abdiqué devant ses valeurs — considéré à tort comme celles d’une autre époque. Beaucoup de problèmes en découlent. Collectivement, le manque de fierté se traduit par une morosité collective où règnent le chacun-pour-soi et la suspicion. La dépersonnalisation des relations explique peut-être, en partie, le phénomène. La droiture et l’honnêteté exigent le respect de l’autre et de soi-même. Plusieurs n’ont ni l’un ni l’autre.

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  2. 2. Nagus

    C’est bien simple. La fierté a été remplacée par le monétaire.

    Pour beaucoup de citoyens, ce n’est pas important d’être fier de ce que l’on fait. L’important c’est d’avoir un bon salaire afin de se payer une grosse maison, un gros char …. et une chirurgie pour se faire enlever le gros bourelet

    Dans mon milieu de travail, j’entends souvent les gens se plaindre de leur salaire de misère… Ils relient automatiquement le travail bien fait à un bon salaire. Je suis un des oiseaux rares qui demandent simplement une reconnaissance du genre tape dans le dos…

    Oui, je sais, c’est facile de traiter les gens de matérialistes. Mais nous le sommes tous devenus. Moi aussi j’aime ça me gâter dans les magasins.

    Il faut croire que toutes ces valeurs sont, malheureusement, d’un autre temps. Je fais toutefois encore confiance à l’avenir. Les valeurs, c’est comme la mode. Elles ont tendances à revenir.

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  3. 3. Accent Grave

    Cette fierté doit être inculquée chez nos jeunes, et chez les autres aussi. Un bon commencement serait peut-être de signifier notre satisfaction auprès de gens qui se défoncent, auprès de ceux qui surmontent l’adversité sans abandonner.

    Être fier pour les bonnes raisons, c’est non seulement sain mais aussi essentiel au développement de l’individu et d’une société.

    Ce manque de fierté, relié à l’assurrance est souvent exploitée par tous ceux qui ont avantage à nous savoir « faibles ».

    Accent Grave

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  4. 4. Lady

    Je vois que personnellement, je suis gâtée.

    Probablement parce que j’ai un bon emploi avec de bons patrons qui m’appellent par mon nom, et que sur mon chèque de paye, je suis une employée et non pas un numéro. Je me sens valorisée, parce que je justement, je ne suis pas sur une chaine de montage ou je dois faire toujours les mêmes gestes à toutes les minutes, tous les jours, toutes les années…

    Par contre, quand je dois avoir une conversation avec mon gouvernement, je deviens un numéro, quand j’écoute la télé, je suis un sondage, quand je me promène sur le trottoir et que je rencontre des gens, ils me regardent comme si j’étais un extra-terreste parce que je leur dis bonjour ou que je leur souri…etc.

    Pour être fier de ce qu’on l’on est et de ce que l’on fait, il faut avant tout, je crois, faire notre place et apprécier et vraiment ce que l’on fait. Et être apprécié aussi.

    Et dans ce monde de machines ou l’on n’est que le petit boulon qui tient la roue, on oublie souvent qu’on est important, et que si ce boulon venait qu’à lâcher, la roue pourrait tomber…

    Mais la roue tourne souvent trop vite et on oublie souvent que ce boulon est important et que pour lui redonner la place qui lui revient, il faut aussi l’entretenir afin qu’il soit fier de lui.

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  5. 5. Kilo

    @Nagus j’ai bien compris ton commentaire mais j’aimerais rajouter:

    « C’est bien simple. La fierté a été remplacée par le monétaire. »

    En effet c’est ce qui fait tourner la terre, la fierté c’est bien beau, mais ce n’est pas ça qui fera manger mes (future) enfants.

    @Lady
    Exellent commentaire.

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  6. 6. Lady

    Merci Kilo…

    Voici un petit texte qui me fait un peu penser à ce sujet et qui prouve un peu ou s’en va notre fierté. Remarquez, je ne mets pas tout ça sur le dos de ceux qui règlementent, mais, j’y vois plutôt un manque d’affirmation de notre identité. Donc, nous sommes quand même responsable de notre perte de fierté en omettant de nous battre pour la garder…

    Le Journal de Montréal, p. 25 / Nathalie Elgrably, 24 janvier 2008

    On entend souvent parler des espèces menacées. Leur vulnérabilité nous indigne, et leur extinction imminente nous révolte. Certains consacrent même leur vie à la préservation des espèces en danger. Pourtant, quelque chose de malheureux est en train de se produire sans que personne ne s’en soucie: il s’agit de l’érosion graduelle, mais soutenue de nos libertés!

    Tous les aspects de notre vie sont surveillés: on nous dit quoi acheter, quoi manger, quels moyens de déplacement privilégier, quel véhicule conduire, quelles chaînes de télé écouter, on nous impose même la couleur de la margarine. Bref, il y a toujours un fonctionnaire omniscient ou un groupe de pression moralisateur pour nous recommander ou pour nous imposer le «bon» comportement, comme si nous étions incapables de juger par nous-mêmes.

    S’il est vrai qu’un cadre réglementaire est indispensable au bon fonctionnement d’une société, il est également exact d’affirmer qu’une réglementation excessive, opprimante et paternaliste devient une nuisance et une source de frustrations. Alors, comment expliquer que des individus raisonnables et rationnels acceptent volontiers une intrusion tentaculaire de l’État dans leur vie, et sacrifient toujours un peu plus leurs libertés? Comment expliquer que des populations entières préfèrent la contrainte à la liberté, la dépendance à l’autonomie, la soumission à l’affranchissement? Et surtout, comment se fait-il que l’élite intellectuelle, qui se prétend instruite et émancipée, non seulement accepte sans sourciller la multiplication des contraintes, mais en fasse également la promotion?

    À force de vouloir créer un paradis, ils finiront par nous faire vivre en enfer!

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  7. 7. Claude

    Sans vouloir être nostalgique, je me rappelle du temps où nous allions dans la grande salle qui servait aussi de gymnase de notre école. Tous en rang nous récitions le salut au drapeau: « Drapeau de ma province, salut. À toi mon respect, ma fidélité, mon honneur. J’aime ma province, j’aime son drapeau. » Sans être souverainiste, je trouve qu’il y a bien des choses qui ont disparus du système scolaire avec l’arrivée de tous les « ogues » qui avaient la possesion du saint Graal.

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  8. 8. Claude

    La fierté disparait lorsque les gens ne connaissent plus les règles élémentaires de bienséance. Lorsqu’on ne sait pas vivre, la fierté est une notion totalement abstraite.

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  9. 9. S.Martel

    Ne craignez pas d’être nostalgique. Comprendre d’où on vient aide beaucoup à savoir où on s’en va et la nostalgie sert à nous le rappeler de façon émotive.

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