août 27

La vague de la géolocalisation déferle tranquillement sur toutes les sphères de notre vie numérique. Le GPS devient pratiquement une banalité sur nos ordinateurs, caméras, téléphones et autres ustensiles d’usage courant de ce début de siècle.

Un des joueurs de cette vague géotechno, c’est Foursquare. Petite description pour les non-initiés : c’est un outil qui permet de se signifier géographiquement via Twitter et qui mise sur le ludisme afin de se doter d’une raison d’être. On y remporte des médailles virtuelles à force de l’utiliser et celui qui s’est signifié à un même endroit le plus souvent est déclaré «maire» virtuel de cet endroit.

À la limite je peux comprendre certains usages. Que ce soit pour se vanter auprès de ses amis d’être à tel concert ou dans tel restaurant ou alors pour auto-promotionner ses apparitions et engagements (j’ai un exemple sur le bout de la langue qui ferait certainement monter mon trafic, mais je ne suis pas un junkie d’attention). Par contre, je ne vois tout simplement pas pourquoi quelqu’un ferait le moindre effort pour être déclaré maire virtuel de la station de métro Rosemont. C’est comme ramasser des Air Miles, mais sans le grille-pain en cadeau.

Je regarde aller certains utilisateurs de Foursquare et je n’arrive pas à comprendre quel est l’intérêt de diffuser à nos amis et en même temps à une myriade d’inconnus que l’on est chez notre dentiste. On n’en a rien à foutre que vous soyez chez votre dentiste, encore moins connaître la longitude et latitude exact de vos molaires à ce moment précis.

Malgré tout l’apparat des messages de protection de la vie privée sur Internet, il y en a qui, en quelques jours, vous offrirons un plan détaillé de leurs horaires et déplacement, incluant leur maison, leur travail, leur resto préféré, l’école de leurs enfants, la garderie du plus jeune et le parc de baseball où joue le plus vieux.

Cette information est inutile pour presque tout le monde, alors pourquoi la diffuser volontairement à un si grand nombre? Votre conjoint est probablement la seule personne qui peut être intéressée par le fait que vous êtes passé par l’épicerie ou êtes allé chercher les enfants à l’arrêt d’autobus, alors dite le lui au lieu de l’afficher sur un panneau réclame international.

En fait, les seules choses qui peuvent arriver en diffusant le détail de vos horaires et déplacement, ce sont des problèmes et du désagrément. Il n’y a pas vraiment personne qui, voyant que vous êtes au cours hebdomadaire de ballet de votre fillette, prendra la peine de faire un détour pour aller vous saluer ou vous enverra un télégramme chanté par un clown. Mais quelconque malfrat pourrait trouver intéressant de vous attendre à la sortie ou d’en profiter pour vider votre maison.

Il ne peut vraiment rien arriver de bon à diffuser ces informations à tout vents, que du mauvais. À moins que vous ne trouviez gratification à être le faux maire d’un endroit insignifiant.

S.Martel
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août 24

Gérard Deltell, le gars pogné avec la direction de l’ADQ, estime que le Québec devrait exploiter à plein régime ses ressources naturelles, afin de réduire notre part des paiements de péréquation.

Il dit à la fois trouver honteux que le Québec soit le plus gros bénéficiaire du programme de péréquation au Canada et qu’il faille revoir chacun des postes budgétaires et sabrer dans les dépenses publiques. Ça, c’est prôner l’indépendance du Québec, sans avoir le courage de l’assumer.

Selon lui on devrait creuser partout ou il y a quelque chose à extraire: pétrole, gaz naturel, uranium, sans vraiment calculer les coûts reliés à cette exploitation et au détriment des préoccupations des citoyens qui verraient leur qualité de vie, leur santé et leur propre richesse diminuée, aussi légitimes qu’elles soient.

Il a tout a fait raison. Une fois qu’on aura ramassé les miettes des profits partis à l’étranger, nous serons probablement tous assez riches pour abandonner nos maisons qui ne vaudront plus rien, nous payer des camions-citernes d’eau Evian, importer nos aliments de base sans s’abaisser à les cultiver, aller suivre des traitements contre le cancer dans les cliniques spécialisées américaines et envoyer nos enfants dans des écoles privées, loin des vestiges contaminés de ce qu’était nos milieux de vie modestes, mais agréables.

Dans le cas de la fracturation hydraulique, nécessaire à l’extraction du gaz de schiste présent dans la Vallée du St-Laurent, c’est sûr que si tu laisse de côté les coûts reliés à la santé publique, la contamination des sols et nappes phréatiques, l’utilisation massive d’eau, la baisse de la valeur des maisons et ainsi de revenus foncier, l’exode des populations et le ralentissement drastique de l’économie locale à long terme (en opposition au court boom du développement des puits), ta colonne avantage montre un certain profit.

Mais il y a aussi les énormes coûts d’infrastructures qui devront s’ajuster au débit augmenté de circulation lourde. Dans le cas de l’exploitation gazière en Montérégie, chaque tête de puits demandera plus de 1000 voyages de camion pour son forage et sa mise en service. Ensuite viendrons l’entretient et la récolte. C’est dans une région ou un seul accident mortel de cyclistes au début de l’été a mené à l’implantation de plusieurs feux de circulation et l’élargissement du pavage. Imaginez l’impact de milliers de voyages de camion-remorques multiplié par des milliers de têtes de puits.

Tout ça pour bien peu de taxes sur des profits qui s’envoleront à l’étranger et 7500 emplois pendant la mise en place des têtes de puits? Ça ne prend pas un bon comptable pour voir qu’il faut pouvoir faire autrement pour que cette exploitation soit vraiment rentable, à long terme, pour la population en général. Malheureusement, monsieur Deltell n’a pas l’expérience de savoir compter, mais plutôt celle de savoir raconter.

D’un côté, il y a l’opposition systématique qui mène à l’immobilisme et en contrepartie il y a l’abandon de la réflexion, du contrôle et de la planification. Nous sommes pris dans un bal d’extrémisme, la dominance de la dichotomie, le noir et blanc absolu… Le gris est disparu et pourtant, c’est dans la subtilité du gris que se retrouve la vertu.

S.Martel
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août 18

Une illustration des effets possibles de l’exploitation des gaz de schiste.

AJOUT: J’ai vu le film… c’est vraiment plus qu’inquiétant. Les dommages à la santé, au milieu et à la qualité de vie des gens qui se retrouvent avec ces puits dans leur voisinage sont atroces, immenses et permanents. Et le discours des compagnies et leurs associés gouvernementaux résonne comme un somnifère de relation publique quand ce n’est pas simplement le silence complet. Le contexte du film est américain, mais notre charmant gouvernement semble s’être inspiré de nos voisins pour implanter le même genre de contexte favorable à cette industrie par ici.

Le projet de la centrale au gaz du Suroit à côté de cet assassinat prémédité de la Vallée du St-Laurent, c’est un détail. Espérons une mobilisation populaire aussi efficace.

S.Martel
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août 16

Au cas où vous ne sauriez pas, la Montérégie va se donner des airs de Texas dans les prochaines années. En effet, plusieurs compagnies d’exploitation gazière ont la main mise sur la région, possédant des « claims » de prospection et d’exploitation du gaz de schiste.

Déjà à Saint-Édouard de Lotbinière et Saint-Thomas-d’Aquin, des têtes de puits ont fait leurs apparitions sans que les citoyens en aient été avertis. Dernièrement, une de ces compagnies gazières, l’Australienne Molopo, est venue cavalièrement annoncer aux citoyens de St-Marc-sur-Richelieu qu’elle venait s’installer chez eux, sans qu’ils puissent dire quoi que ce soit. Des citoyens s’inquiètent et s’organisent. Le pire dans cette histoire, c’est que la compagnie a raison: la Loi sur les mines qui encadre cette industrie a préséance sur toute autre loi canadienne ou québécoise, dont la Loi sur la qualité de l’environnement, la Loi sur l’eau, la Loi sur le développement durable et la Loi sur les municipalités.

Une nouvelle loi est prévue pour encadrer l’exploitation gazière, sauf que la loi sera présentée par la ministre Normadeau en automne et de nouveaux puits seront en opération dès l’été prochain. La ministre, dont le ministère a déjà octroyé plus de 500 permis, est très enthousiaste face à l’exploitation de cette ressource, ce qui laisse présager que ladite loi sera un accommodement pour les compagnies plutôt qu’un chien de garde pour les citoyens.

Le gaz de schiste est un gaz naturel emprisonné dans de la roche (le schiste) à des profondeurs de quelques milliers de mètres et qui demande un processus d’extraction assez complexe, qui n’est pas sans rappeler le processus d’extraction des sables bitumineux en Alberta. L’extraction implique notamment l’injection de grandes quantités d’eau et des centaines de composés chimiques afin de fissurer la roche et de libérer le gaz.

On ne connait pas réellement l’impact de cette exploitation puisque les études et données proviennent des experts des compagnies gazières elles-mêmes et n’ont pas fait l’objet de vérifications indépendantes. Aussi, le développement du gaz de schiste a été soustrait à la démarche gouvernementale d’évaluation environnementale. Par contre, on sait que chez nos voisins de l’État de New York, on a récemment décrété un moratoire sur l’exploitation du gaz de schiste afin de protéger les réserves d’eau.

Je n’ai rien contre l’exploitation d’une ressource gazière au Québec, mais il faut faire attention: la Montérégie c’est notre garde-manger. Déjà qu’on importe beaucoup trop de nos aliments qui pourraient être cultivés ici, si en plus on contamine le sous-sol ou plus simplement si on créer un déséquilibre économique en faisant qu’une terre vaudra plus pour ce qu’elle contient en profondeur que ce qu’elle produit, on risque de perdre une indépendance alimentaire essentielle que l’on paiera cher à long terme.

L’autre chose qui me tracasse dans cette histoire, c’est pourquoi encore une fois nous donnons notre richesse naturelle à des compagnies étrangères? N’avons-nous pas compris avec nos forêts et nos mines? Si ce gaz a à être exploité, et il le sera absolument à un moment donné, pourquoi ne pas se donner les moyens de l’exploiter nous même?

La vitesse et la discrétion suspecte avec laquelle cette industrie s’implante sur la rive sud du St-Laurent ne laissent présager rien de bon. Par exemple, la compagnie Questerre Energy rencontre les élus de la MRC de Rouville mercredi soir prochain afin de présenter ses projets d’exploitation du gaz de schiste pour son territoire. Une rencontre qui n’est pas ouverte au public.

La décision à prendre dans un tel contexte, si nous avions un vrai gouvernement responsable, serait d’arrêter tout ça et de prendre du recul afin d’étudier le portrait le plus large possible. Bordel, on fait 10 ans d’études avant de construire un hôpital ou un pont, pourrait-on y penser 2 minutes avant de forer la Montérégie au grand complet? De toute façon, le gaz est là depuis des millions d’années, il ne s’évaporera pas et prendra certainement de la valeur avec le temps.

S.Martel
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août 13

Ce matin, en Montérégie, j’ai croisé le Grand tour, une aventure cycliste de groupe qui semble assez populaire. Ils étaient certainement une centaine à rouler sur une rue résidentielle de la municipalité de Richelieu.

Comment ça se passait? Ils occupaient toute la rue, la moitié du cortège roulant ainsi à contresens. En fait, ils n’occupaient pas vraiment toute la rue, il y a un corridor en bordure de rue qu’ils n’occupaient pas: la piste cyclable! Si bien que c’est moi, en voiture, qui a dû passer dans la piste cyclable afin de pouvoir continuer mon chemin en les évitant. De la centaine de cyclistes, combien en ai-je vu faire un des 4 ou 5 arrêts obligatoires sur le tronçon de rue que j’ai emprunté? Aucun.

Comment pensez-vous qu’un automobiliste se sent face aux cyclistes après une telle démonstration de leur définition du «partage» de la route et du respect des normes de sécurité routière? Il se sent tout à fait justifié de penser: «fuck you, arrangez-vous pour m’éviter». Bien entendu, ce n’est pas mon cas. Parce que moi, j’ai du civisme et un sens des responsabilités à l’épreuve de la sottise des autres lorsque j’utilise la route.

Je peux bien me permettre une généralisation sur les cycliste avec cet épisode. Pourquoi? Parce que ces gens-là ne sont pas des cyclistes du dimanche ou d’occasionnels utilisateurs de Bixi. Ce sont les vrais, ceux partis de Glenn Falls dans l’État de New-York il y a 6 jours avec leurs beaux casques et leurs maillots. Alors si ils ne représentent pas le cycliste modèle, je ne sais pas qui peut le prétendre.

Ça ne prend que quelques personnes dans une foule pour faire changer l’opinion face au groupe. Quelques pommes pourries qui deviennent l’incarnation du reste du panier. Là, j’ai croisé un panier de la crème des pommes et elles étaient pourries. Comment voulez-vous que j’accorde quelconque crédibilité à la prochaine pomme à casque qui me fera des gros yeux parce que j’ose le transport automobile?

S.Martel
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