Le pont Champlain et l’autoroute Bonaventure sont partiellement fermés la nuit ces temps-ci. Aucune mention sur le site de transport Québec voué à l’information sur le réseau routier: Québec 511. C’est ridicule, mais c’est «normal», c’est parce que le pont Champlain et l’autoroute Bonaventure sont de juridiction fédérale, c’est donc une société fédérale qui publie ces communiqués. Afin de récupérer l’information, ça vous prend des connaissances en relation intergouvernementale, ce n’est pas rien.
Au niveau municipal, c’est la même chose. Selon le sujet d’une question, vous devez l’adresser à l’arrondissement, la ville ou les structures métropolitaines dans le cas de Montréal, alors qu’en région elle doit aller vers la municipalité ou la MRC. Et si votre question porte sur un sujet un peu plus pointu, vous allez valser entre le fédéral et le provincial en plus. Le citoyen utilisateur de services en a rien à foutre de qui est responsable de quoi, il veut juste avoir son information.
C’est clair qu’il y a beaucoup trop de pelures sur notre oignon d’administration publique. Le gouvernement en place s’est fait élire il y a plus de 6 ans en promettant une «réingénierie de l’État». C’était au goût du jour, mais c’était nécessaire aussi. Depuis ce temps, le terme ainsi que la volonté ont disparu sans que rien n’ait changé (en fait, une chose a changé: l’administration des villes est devenue plus complexe et chaotiques avec leurs défusions). Ça n’a pas empêché le peuple de le réélire deux fois ces têtes d’affiche du manque flagrant de courage et de vision.
Dans le fond, le réel besoin c’est quoi? Selon moi, on a besoin de 2 niveaux seulement: national et local. National pour ce qui est la norme à la grandeur de la nation et local pour les spécificités de notre communauté. Et de distinguer entre les deux, ce n’est pas si complexe, c’est une simple question de logique. On voit mal gérer le ramassage des ordures à un niveau national, de la même façon qu’on verrait mal appliquer des normes de conduite automobile à un niveau local (et pourtant, on le fait à Montréal avec la vitesse et le virage aux feux rouges).
Et ce besoin de seulement deux niveaux peut s’appliquer ailleurs aussi. Par exemple, pour les écoles. On a besoin d’un ministère de l’éducation pour gérer l’enseignement et une direction locale pour gérer les pauses pipi et les parents enragés. Toutes les responsabilités qui se retrouvent entre les deux peuvent monter au niveau national ou descendre dans la cour d’école, mais on a pas réellement besoin de commissaires, de commissions ou de comités.
Serait-ce parce qu’on y génère des emplois que l’on garde ces structures de gestion de gestionnaires? Ce n’est certainement pas par souci d’efficacité. Le pire dans tout ça c’est qu’on nous vend les ententes entre les différents niveaux de gestion d’une même sphère d’activité comme étant un bon coup, alors que c’est la démonstration claire et nette de l’inutilité de ces dédoublages. Au lieu de passer du temps et de l’énergie à s’entendre sur qui prend l’initiative, on pourrait récolter ce temps et cette énergie pour avancer et améliorer cette initiative.
C’est probablement une vision trop simple pour un système qui carbure à la complication.

Mes amis cols-bleus font la grève aujourd’hui. Par la bande, ça nous fait comprendre l’ampleur du fouillis administratif qu’est devenue cette ville charcutée par les multiples référendums sur les défusions organisés par le gouvernement Charest.
Dans le même ordre d’idée, trouvez-vous ça normal qu’en partant de Laval pour se rendre à Longueuil en transport en commun, on soit pris en charge par 3 sociétés de transport différentes? Et que si vous ajoutez quelques kilomètres au nord et au sud, vous ajoutez également un minimum de deux autres sociétés?
Michael Sabia 
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