sept 09

Le pont Champlain et l’autoroute Bonaventure sont partiellement fermés la nuit ces temps-ci. Aucune mention sur le site de transport Québec voué à l’information sur le réseau routier: Québec 511. C’est ridicule, mais c’est «normal», c’est parce que le pont Champlain et l’autoroute Bonaventure sont de juridiction fédérale, c’est donc une société fédérale qui publie ces communiqués. Afin de récupérer l’information, ça vous prend des connaissances en relation intergouvernementale, ce n’est pas rien.

Au niveau municipal, c’est la même chose. Selon le sujet d’une question, vous devez l’adresser à l’arrondissement, la ville ou les structures métropolitaines dans le cas de Montréal, alors qu’en région elle doit aller vers la municipalité ou la MRC. Et si votre question porte sur un sujet un peu plus pointu, vous allez valser entre le fédéral et le provincial en plus. Le citoyen utilisateur de services en a rien à foutre de qui est responsable de quoi, il veut juste avoir son information.

C’est clair qu’il y a beaucoup trop de pelures sur notre oignon d’administration publique. Le gouvernement en place s’est fait élire il y a plus de 6 ans en promettant une «réingénierie de l’État». C’était au goût du jour, mais c’était nécessaire aussi. Depuis ce temps, le terme ainsi que la volonté ont disparu sans que rien n’ait changé (en fait, une chose a changé: l’administration des villes est devenue plus complexe et chaotiques avec leurs défusions). Ça n’a pas empêché le peuple de le réélire deux fois ces têtes d’affiche du manque flagrant de courage et de vision.

Dans le fond, le réel besoin c’est quoi? Selon moi, on a besoin de 2 niveaux seulement: national et local. National pour ce qui est la norme à la grandeur de la nation et local pour les spécificités de notre communauté. Et de distinguer entre les deux, ce n’est pas si complexe, c’est une simple question de logique. On voit mal gérer le ramassage des ordures à un niveau national, de la même façon qu’on verrait mal appliquer des normes de conduite automobile à un niveau local (et pourtant, on le fait à Montréal avec la vitesse et le virage aux feux rouges).

Et ce besoin de seulement deux niveaux peut s’appliquer ailleurs aussi. Par exemple, pour les écoles. On a besoin d’un ministère de l’éducation pour gérer l’enseignement et une direction locale pour gérer les pauses pipi et les parents enragés. Toutes les responsabilités qui se retrouvent entre les deux peuvent monter au niveau national ou descendre dans la cour d’école, mais on a pas réellement besoin de commissaires, de commissions ou de comités.

Serait-ce parce qu’on y génère des emplois que l’on garde ces structures de gestion de gestionnaires? Ce n’est certainement pas par souci d’efficacité. Le pire dans tout ça c’est qu’on nous vend les ententes entre les différents niveaux de gestion d’une même sphère d’activité comme étant un bon coup, alors que c’est la démonstration claire et nette de l’inutilité de ces dédoublages. Au lieu de passer du temps et de l’énergie à s’entendre sur qui prend l’initiative, on pourrait récolter ce temps et cette énergie pour avancer et améliorer cette initiative.

C’est probablement une vision trop simple pour un système qui carbure à la complication.

S.Martel
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août 31

bleusMes amis cols-bleus font la grève aujourd’hui. Par la bande, ça nous fait comprendre l’ampleur du fouillis administratif qu’est devenue cette ville charcutée par les multiples référendums sur les défusions organisés par le gouvernement Charest.

La liste des services annulés est une belle illustration de cette administration ridiculement complexe. Dans certains secteurs de certains arrondissements le ramassage des ordures est reporté, alors que dans d’autres il est annulé. Bref, on n’arrive difficilement à comprendre si oui ou non on sera privé de service aujourd’hui, alors imaginez quand on cherche à en obtenir ou pire à planifier comment en offrir de façon efficace.

imagesDans le même ordre d’idée, trouvez-vous ça normal qu’en partant de Laval pour se rendre à Longueuil en transport en commun, on soit pris en charge par 3 sociétés de transport différentes? Et que si vous ajoutez quelques kilomètres au nord et au sud, vous ajoutez également un minimum de deux autres sociétés?

Dans la région métropolitaine, de la couronne éloignée nord à la couronne éloignée sud on devrait voyager sous l’administration d’une seule société de transport, pas d’une trentaine de sociétés différentes. Montréal n’est pas une mégalopole!

S.Martel
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mar 26

monopolyMichael Sabia renonce à ses primes pour l’année en cours et la suivante. Comme il est raisonnable. Aussi raisonnable qu’un petit garçon qui refuserait un biscuit alors qu’il vient de s’empiffrer de la moitié du sac. 

À un salaire de base de 500 000$, le PDG de la CDP a droit aussi à une pension annuelle de 235 000$ à la retraite ainsi que des primes de rendement et une indemnité de départ (ce à quoi Sabia renonce). Est-ce que cet emploi vaut vraiment ça? Je ne parle pas de Sabia lui-même. C’est clair qu’à ce poste, cet hurluberlu ne vaut même pas le prix d’une heure de parcomètre devant ses bureaux: il n’a aucune expérience de gestion en placement et son CV est parsemé de mauvais passages. Mais, c’est un ami de la famille, un bon pion canadian qu’on a placé sur une des cases les plus stratégiques du Québec, à un moment où bien peu de gens ont l’énergie ou l’intérêt de s’en outrer.

Mon questionnement dépasse Sabia et la CDP. Est-ce que le salaire doit vraiment être proportionnel à la valeur des actifs gérés? Ne devrait-il pas être plutôt proportionnel au mérite? C’est un peu comme le pourboire lorsqu’on va au restaurant. Que je mange dans un restaurant de quartier à 20$ ou que je me paye le restaurant branché et prestigieux à 300$, la job du serveur reste la même. Alors pourquoi s’attendra-t-il à 45$ de pourboire d’une part et à 3$ de l’autre? 

OK pour le salaire du gestionnaire, peut-être que ça le vaut. Si on le calcul à l’heure, c’est moins cher que de se payer un bon avocat, mais les conditions d’octroi des régimes de retraite pour ces emplois de gestionnaire dépassent mon entendement. Selon moi un régime de retraite, tout comme une prime de rendement ou une indemnité de départ, ça se mérite, ça ne se distribue pas systématiquement à l’embauche. Un régime de retraite doit aussi être proportionnel au temps consacré à un emploi. Qu’un gestionnaire vienne passer quelques petites années, à gros salaire, à la tête d’une entreprise ne vaut pas qu’on le paye pour le restant de ces jours la moitié de son salaire. 

Le plus indécent, c’est que ces gestionnaires de haut niveau sont un petit groupe sélect qui s’auto-nomment entre eux sur différents conseils d’administration. On siège à la fois chez BCE, la Banque Royale, Air Canada et à la Croix Rouge pour se permettre d’être encore considéré comme un membre de la race humaine. On empoche simultanément les salaires et ensuite on cumulera concurremment les plans de retraite généreux que nos amis nous ont octroyés pour s’être à peine arrêtés dans l’entreprise.

Dans le fond, je me pose l’éternelle question sans vraiment de réponse: quand est-ce que riche devient assez riche?

S.Martel
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jan 07

Une exclusivité de la Presse: Tremblay remanie son « cabinet ». Wow, on est rendu avec un cabinet au niveau municipal. Déjà qu’un chef de l’opposition et des maires d’arrondissement c’est comme tuer une mouche avec un 45, si on se met à parler de cabinet ça va donner des intentions de grandeur à notre petit maire simplet.

Au niveau municipal, ce genre de structure tient beaucoup plus du fardeau que d’une nécessité démocratique. Ce n’est pas une structure de représentativité qu’on a besoin au niveau d’une ville, c’est une structure de gérance, tout simplement. La représentativité, à ce niveau, c’est superflu et contraignant. On a déjà 2 niveaux de gouvernement pour ça, c’est bien assez (et même trop selon moi).

Une Ville ça s’administre par décisions et la démocratie s’y exprime directement, en écrivant ou téléphonant aux services et en participant aux assemblées et consultations publiques. Et si le gérant en place ne fait pas l’affaire, on le remplace aux élections suivantes.

Moi je ferai le ménage là-dedans: un maire (un bon) et quelques conseillers municipaux, pas plus d’une dizaine. Ensuite, des employés cadres qu’on peut choisir (et licencier si le besoin survient) selon leur expérience et leurs compétences et non pas selon leur affinités politiques et leur talent de bien paraître sur une pancarte. Un petit groupe décide, les autres exécutent.

Avec la structure actuelle, la Ville de Montréal me fait penser à un stand de patates frites qui aurait un conseil d’administration, un président et 12 vices-présidents. C’est complètement démesuré.

S.Martel
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