Gérard Deltell, le gars pogné avec la direction de l’ADQ, estime que le Québec devrait exploiter à plein régime ses ressources naturelles, afin de réduire notre part des paiements de péréquation.
Il dit à la fois trouver honteux que le Québec soit le plus gros bénéficiaire du programme de péréquation au Canada et qu’il faille revoir chacun des postes budgétaires et sabrer dans les dépenses publiques. Ça, c’est prôner l’indépendance du Québec, sans avoir le courage de l’assumer.
Selon lui on devrait creuser partout ou il y a quelque chose à extraire: pétrole, gaz naturel, uranium, sans vraiment calculer les coûts reliés à cette exploitation et au détriment des préoccupations des citoyens qui verraient leur qualité de vie, leur santé et leur propre richesse diminuée, aussi légitimes qu’elles soient.
Il a tout a fait raison. Une fois qu’on aura ramassé les miettes des profits partis à l’étranger, nous serons probablement tous assez riches pour abandonner nos maisons qui ne vaudront plus rien, nous payer des camions-citernes d’eau Evian, importer nos aliments de base sans s’abaisser à les cultiver, aller suivre des traitements contre le cancer dans les cliniques spécialisées américaines et envoyer nos enfants dans des écoles privées, loin des vestiges contaminés de ce qu’était nos milieux de vie modestes, mais agréables.
Dans le cas de la fracturation hydraulique, nécessaire à l’extraction du gaz de schiste présent dans la Vallée du St-Laurent, c’est sûr que si tu laisse de côté les coûts reliés à la santé publique, la contamination des sols et nappes phréatiques, l’utilisation massive d’eau, la baisse de la valeur des maisons et ainsi de revenus foncier, l’exode des populations et le ralentissement drastique de l’économie locale à long terme (en opposition au court boom du développement des puits), ta colonne avantage montre un certain profit.
Mais il y a aussi les énormes coûts d’infrastructures qui devront s’ajuster au débit augmenté de circulation lourde. Dans le cas de l’exploitation gazière en Montérégie, chaque tête de puits demandera plus de 1000 voyages de camion pour son forage et sa mise en service. Ensuite viendrons l’entretient et la récolte. C’est dans une région ou un seul accident mortel de cyclistes au début de l’été a mené à l’implantation de plusieurs feux de circulation et l’élargissement du pavage. Imaginez l’impact de milliers de voyages de camion-remorques multiplié par des milliers de têtes de puits.
Tout ça pour bien peu de taxes sur des profits qui s’envoleront à l’étranger et 7500 emplois pendant la mise en place des têtes de puits? Ça ne prend pas un bon comptable pour voir qu’il faut pouvoir faire autrement pour que cette exploitation soit vraiment rentable, à long terme, pour la population en général. Malheureusement, monsieur Deltell n’a pas l’expérience de savoir compter, mais plutôt celle de savoir raconter.
D’un côté, il y a l’opposition systématique qui mène à l’immobilisme et en contrepartie il y a l’abandon de la réflexion, du contrôle et de la planification. Nous sommes pris dans un bal d’extrémisme, la dominance de la dichotomie, le noir et blanc absolu… Le gris est disparu et pourtant, c’est dans la subtilité du gris que se retrouve la vertu.

La course à la chefferie de l’ADQ 
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