Je bloguerai léger cette semaine. Tout simplement parce que la question de la vaccination contre la grippe AH1N1 est réglée chez nous: plus besoin, on la combat à la régulière.
C’est samedi matin que je m’en suis rendu compte: fatigue, mal aux membres, étourdissements, fièvre. Un 36 heures de lit, parsemé de petites pauses alimentaires. Le corps humain est une superbe machine lorsqu’il se bat contre une infection, l’inutile au combat se ferme, tout naturellement. Dès dimanche j’ai été plus en mesure de faire quelques activités et aujourd’hui, les symptômes ont changé, la toux et les maux de tête sont plus présents, mais les maux aux muscles, les étourdissements et les poussées de fièvre ont presque disparu. Conclusion partielle de mon expérience: c’est la grippe, la vraie, tout simplement.
Bien entendu j’ai plongé dans le Guide d’autosoins afin de revérifier quoi faire (le lit, de l’eau, de l’acétaminophène), de prendre une décision si on partait pour l’hôpital ou non (vraiment pas). C’est alors qu’une chose m’a frappé : la différence de ton. Dans le guide, on expose les faits de façon posée, sans alarme, sans paranoïa alors que partout ailleurs c’est la folie totale. Des bulletins aux 15 minutes à RDI, des députés qui se font piquer devant les caméras, des vox-pop à en avoir la nausée, le suivi en temps presque réel de l’arrivée des doses de vaccins par région, etc. De mon point de vue d’infecté, bien assis dans mon sofa, c’est complètement ridicule.
Par exemple, une manchette ce matin qui disait: La grippe AH1N1 cause une première émeute. C’est arrivé en France suite à l’annulation d’un match entre l’Olympique de Marseille et le Paris-St-Germain parce que trop de joueurs sont malades. Les partisans sont descendus régler ça dans la rue à coups de poing sur la gueule. Or n’importe quel amateur de football vous dira qu’entre ces deux équipes, c’est presque la norme de se taper sur la gueule avant ou après les matchs.
Aussi, on ne cesse de marteler l’histoire de la fillette ontarienne qui est décédée en fin de semaine, en prenant soin de souligner que ce genre de complication arrive aussi avec la grippe ordinaire. Alors soit que dorénavant on couvre toutes les morts de l’influenza, peu importe la souche, soit qu’on assume qu’on joue la carte du sensationnalisme.
Vraiment, je comprends que certains gens te regardent croche quand tu t’étouffes en avalant quelque chose de travers, ils sont nourris à une paranoïa médiatique stéréoïdée. Un «à Montréal c’est toute des fous» suite à la nouvelle d’un meurtre crapuleux, fois cent. Aussi irréfléchi, aussi exagéré.
S.Martel
AH1N1, grippe, pandémie, vaccin 
Commentaires récents