nov 30

policeLe gouvernement du Québec va probablement diminuer la limite du taux d’alcool dans le sang au dessus de laquelle il est interdit conduire un véhicule, de 0.08 à 0.05. Ça n’est absolument pas surprenant. Comme dans à peu près tout le reste des interventions gouvernementales en sécurité routière, on cherche une solution miracle simpliste à grands coups de généralités au lieu de mieux cibler ses interventions.

Ce qui m’inquiète au plus haut point, c’est de la façon que cette mesure semble vouloir s’implanter. Parce qu’on ne parle pas vraiment d’abaisser la limite à laquelle vous commettrez un acte criminel, on parle plutôt de sanctions administratives. Le policier constatant l’infraction aurait la discrétion de saisir le véhicule suspendre le permis de conduire du conducteur fautif durant une période de 24 heures.

Selon moi, une telle mesure qui est laissée à la discrétion d’un policier, c’est une source de potentiel d’abus de pouvoir. Alors, après la mise en vigueur de cette nouvelle règlementation, soyez poli si vous pensez être dans la légalité, mais que vous sentez que le policier a eu une mauvaise soirée. Parce que même si vous contestez plus tard son action, il vous aura retourné chez vous en taxi et vous fera aller chercher votre voiture à la fourrière le surlendemain et dans le cas des plus zélés, avec une contravention pour l’avoir laissé sur le bord de de l’autoroute.

Un flou artistique de plus dans une loi qui, dans sa présente mouture, vous suspendra votre permis pour 90 jours si vous échouez un alcotest, même si vous prouvez hors de tout doute votre innocence devant un juge. La sanction dite «administrative» étant appliquée avant que vous puissiez vous défendre en cour, il est de mon avis que ce n’est rien de moins qu’une atteinte sérieuse à des principes juridiques de base.

Je pense aussi que si c’est vraiment dangereux de conduire avec de 50 à 80 mg d’alcool par 100 ml de sang, on se devrait d’appliquer à 50mg exactement la même règle qu’on applique présentement à 80 mg.

Marie Claude Morin, du lobby américain MADD (Mothers Against Drunk Driving) souligne dans cet article du Soleil que «de nombreuses études démontrent que les automobilistes qui conduisent avec un taux d’alcoolémie supérieur à 50 mg sont plus à risque d’être impliqués dans des accidents de la circulation»

Une affirmation, qui n’est probablement pas fausse, mais qui va dans le même sens que si on affirme que les gens qui prennent l’avion ont plus de chance de mourir dans un crash que ceux qui restent au sol ou que ceux qui mangent des arachides ont plus de chances de s’étouffer que ceux qui mangent des guimauves. De la généralisation surgénéralisée.

Cette mère en colère prend la peine de rappeler que JE a démontré, par une enquête faite sur un simulateur de conduite avec trois personnes, qu’avec 50mg d’alcool dans le sang, on a une conduite plus erratique. Trois volontaires sur un simulateur à JE, ça c’est de la preuve scientifique solide! Le taux d’erreur de cette étude doit être plus élevé que le taux de participation aux dernières élections.

Le plus bête dans cette solution miracle, c’est que de baisser la limite à 0.05, ça ne permet pas de cibler les chauffards récidivistes ou alcooliques. D’ailleurs, je ne connais pas les chiffres, mais au pif je dirais que la plupart des gens qui se font prendre à quelques milligrammes au-dessus de la limite ne seront pas des candidats à la récidive ou ne sont pas des alcooliques. Ce sont des gens qui ont mal évalué un comportement ou mal évalué une réaction chimique difficilement évaluable et pour qui la simple humiliation de s’être fait passé les menottes leur aura servi une leçon qui leur restera à l’esprit pour le reste de leurs jours. De plus, leur imposer un cours, à leurs frais, sur la consommation responsable comme ça se fait maintenant, ne fait que caricaturer le processus de conscientisation.

Cette nouvelle règlementation me semble encore une mesure qui ne permet que de fermer la boite à certains groupes qui gueulent fort, mais qui ne règle pas le vrai problème. Le vrai problème n’est pas la secrétaire qui a pris un cocktail de trop au party de bureau, c’est le gars qui prend son char tous les soirs après être passé huit heures à la taverne. Pour lui, que la limite soit .08 ou .05, ça ne change strictement rien.

S.Martel
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nov 25

educalcool

Ça donne quoi de publier un message sur la modération en consommation d’alcool si la « grande majorité des Québécois » consomme déjà de façon responsable et équilibrée?

S.Martel
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juil 20

tvaJe crois bien que le fameux «l’alcool et vitesse n’est pas en cause dans cet accident» a fait des petits. Vous le savez bien, c’est devenu la phrase de choix des médias rapportant un accident, éclipsant complètement des facteurs tout aussi importants ou probables comme l’attention, l’expérience, la condition du véhicule et de la route.

Or voici que maintenant, lorsqu’on rapporte des coups de feu, une bagarre ou quelconque grabuge, on pend la peine de spécifier que «les gangs de rue ne seraient pas en cause». Le bingo non plus et pourtant, on ne le spécifie pas!

C’est quoi cette foutue tendance à décrire ce qui n’est pas en cause? Dites-le nous quand c’est en cause, mais laissez faire quand ça ne l’est pas. Un crime commis à Montréal n’est pas forcément relié aux gangs de rue alors pas besoin de jouer sur la paranoïa et de le spécifier à chaque fois!

Imaginez ça: les blessures aux joueurs, le talent du gardien et la stratégie du coach ne sont pas en cause dans la victoire des Canadiens au Centre Bell ce soir…

S.Martel
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juin 22

Si vous lisez régulièrement ce blogue, vous savez que j’ai horreur de la généralisation « l’alcool et la vitesse sont peut-être en cause », lors du rapport d’accidents de la route par les services de police ou les médias.

Encore ce matin, j’ai entendu un policier de la SQ y faire allusion en parlant des opérations à venir sur les routes du Québec pour les vacances, une période qu’il qualifiait de dangereuse. Premièrement, je pense plutôt que si les statistiques d’excès de vitesse et d’alcool augmentent pendant les périodes de vacances, c’est tout justement parce que les policiers font plus d’opérations pendant ces périodes.

Mais aussi, je pense avoir trouvé ce qui me chicote tant dans cet abus de l’expression concernant la vitesse et l’alcool. C’est que ce n’est pas la vitesse ou l’alcool qui peut être mis en cause, mais bien l’excès de vitesse et d’alcool. Si quelqu’un a un léger accident, à très basse vitesse, 2 heures après avoir bu 1 verre de vin, on pourrait tout aussi bêtement affirmer que l’alcool et la vitesse sont peut-être en cause. Mais l’excès lui, pas du tout. Après tout, dès qu’un véhicule bouge, la vitesse sera une variable dans tout ce qui lui arrivera.

Je pense que les médias et les policiers auraient avantage à ajouter cette précision dans leurs déclarations. Ça leur éviterait d’avoir l’air de vouloir faire peur en disant n’importe quoi lorsqu’ils répètent machinalement cette phrase.

S.Martel
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déc 23

Le blogueur se pousse: grosse année, vacances bien méritées! Je termine donc l’année 2008 tout en légèreté avec cette petite anecdote issue de mes vacances de l’an passé. Ça se passe dans un complexe hôtelier en Amérique centrale…

En pleine nuit, mes postados de voisins entrent à 3h45 d’une nuit bien arrosée à la discothèque. L’accent ne ment pas, le ton non plus: ils sont Québécois et complètement soûls. Les murs cartonés de l’hôtel ne stoppent aucune indiscrétion de l’histoire racontée par l’un de ses prouesses sexuelles dans les toilettes du bar et de l’admiration primale exprimée par les autres. On discute à tue-tête des photos explicites prises par le héro de la soirée, on continue à boire, on casse du verre, on chante, bref, on étale son plaisir pour le bénéfice de tous et chacun dans un rayon d’une douzaine de chambres.

Ça m’a réveillé, et ça m’a fait chier. Pas que mes voisins soient sur le party, on est tous en vacances, tant mieux pour eux. Mais qu’ils n’aient aucun respect pour l’entourage à une telle heure, c’est inacceptable. Même soûls, même en vacances. Je prends le téléphone pour leur signaler mon mécontentement, mais les lignes de chambre à chambre sont fermées la nuit… Est-ce que je vais cogner à la porte pour m’obstiner avec 4 gars soûls? Mauvaise idée, puisque rien ne va s’y régler et je risque de partir une guerre qui durera le reste de mes vacances. Je décide d’endurer et de régler ça le lendemain, me disant qu’ils finiront bien par tomber au bout de leur alcool. Vers 4h30, c’est finalement arrivé.

Mon réveil a sonné quelques heures plus tard, pour aller déjeuner avant une activité planifiée. En passant à la réception de l’hôtel, afin de rejoindre la salle à déjeuner, je croise un téléphone interne et j’ai un flash de vengeance trop délicieux pour résister. Il est maintenant 7h10, ça fait un peu moins de 3 heures que mes voisins ont « crashés », ils sont donc dans leurs sommeils profonds… J’appelle!

5 coups, 10 coups, 15 coups… Après une vingtaine de coups de téléphone, un des fêtards répond avec exactement la voix que j’espérais : le gars est magané.

Voisin: Allooooo?!
Moi: Excuse-moi, est-ce que je te réveille?
Voisin: Quoi?!
Moi: Est-ce-que-je-te-réveille?
Voisin: Crisse, yé qu’elle heure là? Ben oui tu me réveilles!
Moi: Alors tu sais maintenant ce que c’est de se faire réveiller par un osti d’épais qui a aucune considération pour la tranquillité de ses voisins. Si tu me réveilles plus la nuit, je t’appellerai plus le matin.

J’ai raccroché avant de lui laisser le plaisir de m’insulter et je n’ai plus eu d’autre problème de bruit de toutes mes vacances.

Sur ce billet léger, bonnes vacances pour ceux qui en ont, bon courage aux autres.

S.Martel
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