Le gouvernement décide de parachever l’autoroute 19. On l’avait pas vue venir celle-là tellement y’en a de la poussière sur ce dossier. Mais là attention, n‘allez pas croire qu’on part les bulldozers cet été ou même l’été prochain. On veut procéder «rapidement», mais en termes québécois du 21e siècle, ça veut dire qu’on commencera les travaux, si tout va bien, dans quatre ans!
Jean Charest a affirmé hier matin qu’une des raisons pour laquelle il était possible d’aller de l’avant «rapidement» dans ce projet, c’est que les expropriations sont déjà toutes faites. Effectivement, les expropriations pour le projet de l’autoroute 19 sont faites depuis une quarantaine d’années. Une autre belle mesure de notre niveau d’engourdissement.
D’ailleurs, «parachever» est un bien grand mot. Dire «prolonger» serait plus juste puisque le projet original de l’autoroute 19 consistait à créer un troisième corridor vers les Laurentides. Un troisième puisque l’autoroute 13 devait, à la même époque, être le deuxième après la 15. Ces trois axes devaient tous croiser une certaine 50, et non pas simplement s’arrêter à la 640.
Si vous parlez du parachèvement de l’autoroute 19 à des gens de la municipalité de Bois-des-Filion, à l’extrémité nord du tracé proposé, ils vous répondront certainement avec sarcasme. L’autoroute 19 pour eux c’est un amalgame des projets de l’autoroute 30 et de l’Îlot Voyageur dont je parlais la semaine dernière. Un truc qu’on a annoncé plusieurs fois et qui a laissé un monument d’immobilisme dans leur paysage.
C’est qu’à Bois-des-Filion, il y a des viaducs vierges. Le projet de l’autoroute 19 a été mis sur la glace dans les années 70, mais on avait déjà construit les viaducs enjambant l’autoroute 640 et ils sont là depuis, inutilisés.
À considérer l’état des infrastructures que l’on a entretenu et utilisé, je me demande s’il ne faudra pas les détruire avant même de les avoir utilisés.

L’inexistant CHUM, le bordel des urgences, le bordel des vaccins, le bordel dans les finances publiques, les CPE dont on ignore l’état et dont le nombre de places semble stagner malgré un baby-boom et des annonces d’élargissement de service, le bordel dans les écoles et l’état de l’éducation en général, l’état des routes et les passe-passe des amis qui les construisent, l’aveuglement volontaire sur le copinage dans l’industrie de la construction malgré l’unanimité sur le besoin d’une enquête publique, tout ça en plus d’histoires qu’on a maintenant oublié comme celle du mont Orford et la réingénierie de l’État qui n’a jamais été plus loin que le slogan et d’autres histoires plus obscures comme la construction et le financement inutile d’une usine thermique à Bécancour.
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