fév 18

Rue Frontenac a récolté cette semaine les témoignages de policiers de la Ville de Montréal qui affirme que des supérieurs ont tenu des réunions pour transmettre à leurs patrouilleurs la demande de la Ville de distribuer davantage de contraventions.

Bien entendu, le responsable de la sécurité publique à la Ville de Montréal et maire de l’arrondissement Verdun, Claude Trudel, a répondu que c’était de la pure fabulation. Même si à la suite de cette «supposée» demande, le nombre de contraventions distribuées a augmenté de 46%. Les mêmes fabulations que la collusion dans l’industrie de la construction j’imagine.

Alfredo Munoz, lui-même ex-sergent du SPVM et président de l’entreprise SOS Ticket, confirme qu’il a eu des quotas de contraventions à distribuer dans sa carrière (18 contraventions par jour au moment où il a quitté les rangs du SPVM). Il se demande d’ailleurs pourquoi les unités de circulation ne font pas d’opération la nuit, le moment de la journée où la plupart des accidents mortels reliés aux excès de vitesse ont lieux.

Dans le même ordre d’idée, pourquoi une opération radar est toujours une embuscade si le but recherché est l’augmentation de sécurité routière? Ne serait-ce pas plus efficace d’être bien visible, de loin, afin que le plus de gens ralentissent? N’est-ce pas là exactement la stratégie derrière l’implantation de cinémomètres qu’on annonce bien clairement et d’avance? Ça serait bien moins payant, voilà pourquoi. «Si on voulait vraiment sauver des vies, on mettrait des radars aux endroits dangereux, pas aux endroits les plus passants» affirme monsieur Munoz. La Ville de Montréal a amassé plus de 135 millions de dollars en contraventions en 2008.

C’est la même chose du côté de la SQ. La plupart des accidents graves se produisent sur les routes secondaires, mais c’est à la sortie du pont Champlain qu’on fait l’énorme opération radar. Un endroit peu dangereux où l’excès de vitesse est de toute façon limité physiquement par la haute concentration de circulation, mais où le haut débit de voiture assure aussi une continuité dans l’apport de revenus tout au long de l’opération.

C’est pour ça aussi qu’on capitalise presque exclusivement sur la vitesse. C’est facile, ça demande peu de ressources et c’est rapide. Et comme l’omniprésent message de sécurité routière ne tient compte, lui aussi, que de cette variable, ça semble tout à fait normal et justifié. Donner des contraventions pour l’état mécanique des véhicules ou le comportement des conducteurs (conduite dangereuse), c’est plus long, plus complexe et beaucoup moins payant.

Je suis tout à fait pour la sécurité, difficile de prétendre le contraire, et j’en fais preuve chaque fois que je prends le volant, le vélo ou mes souliers. Mais cette sécurité doit être réel et non pas simplement un prétexte à taxer arbitrairement. Parce que quand on ignore volontairement les vrais problèmes pour se concentrer sur ce qui est payant, la sécurité en général, elle ne peut que diminuer. Et si les contraventions sont devenues une source de financement pour les villes et leurs services de police, n’auront-ils pas avantage à laisser les contrevenants continuer à contrevenir?

Ce qui pose un autre problème, d’un ordre juridique cette fois-ci. Lors d’une contestation de contravention en cour, le bénéfice du doute est accordé au policier puisqu’il n’a pas d’intérêt propre à défendre. Que la ville gagne ou non devant le citoyen qui conteste ne devrait avoir aucune incidence sur lui. Or, s’il doit remplir un certain quota de contravention, si ces contraventions servent par la bande à gagner sa vie, il a un intérêt personnel dans le dossier. Il n’a plus d’impartialité dans le dossier et le bénéfice du doute ne peut plus lui être octroyé systématiquement.

Le pire dans tous ces mensonges et détournements, c’est que je crois que les citoyens finiraient par accepter de se faire dire la vérité et le réel but de ces opérations. C’est un peu le principe de l’utilisateur-payeur: ceux qui ont besoin de la police pour les contrôler payent pour leurs salaires. Je crois même que ça aurait une vraie conséquence sur la pédale d’accélération de savoir que les policiers sont spécifiquement à la chasse au contrevenant afin de boucler leurs budgets et assurer leurs salaires.

S.Martel
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jan 25

Saviez-vous qu’il était interdit de transporter des patins à glace sans protège-lame dans le métro? Probablement pas puisqu’’il faut consulter le site Internet de la STM afin de s’en rendre compte. Non pas dans la section si simplement identifiée « Métro », mais en téléchargeant le PDF du document sur la Loi sur les sociétés de transport en commun, L.R.Q., c. S-30.01, art. 144 qui traite du règlement R-036 dans le centre de documentation du site pour ensuite y trouver la section III, l’alinéa 4 et le point O, qui dit:

Dans ou sur un immeuble ou du matériel roulant, il est interdit à toute personne : (…) de transporter des patins à glace, à moins qu’ils soient munis d’un protège-lame ou insérés dans un sac conçu à cet effet;

Elvis Nshimirimana a connu ce règlement la semaine dernière alors qu’il allait patiner avec une copine. Il s’est fait coller une contravention de 100$ pour avoir enfreint ce règlement qui n’est spécifié nulle part d’autre que dans le document cité ci-haut. En fait, même des employés de la STM interviewés par la Presse ne connaissaient pas ce règlement.

Bien entendu, vu l’énorme gravité de l’infraction et de la dangerosité de la situation (sans compter le potentiel terroriste du contrevenant «armé» de ses patins à glace neufs), les policiers du métro ont fait ça en grande en entourant le couple de patineurs de quatre agents.

Si seulement on pouvait injecter un peu de bon sens dans ces esprits si dévoués à la sécurité qu’ils frôlent le zèle. Ça leur permettrait peut-être de faire la part des choses et de focaliser sur ce qui est vraiment important et vraiment dangereux. Après on se plaindra qu’on manque de ressources pour assumer la sécurité des usagers…

S.Martel
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nov 06

Sylvain Simard était pompette l’été passé en se promenant sur la rue Ste-Catherine, dans le Village, et il chantait. Quelques policiers et une paire de menottes plus tard, il s’est retrouvé avec une contravention de 428 $ pour des «bruits audibles, cris, clameurs».

Drôle de contravention. Par définition, un bruit, c’est audible. Ça serait quoi un exemple de bruits inaudibles?

Monsieur Simard a plaidé sa défense en cour municipale en citant l’homophobie des policiers impliqués. Vraiment? En plein Village? Il devait bien y avoir quelques autres personnes gaies dans les parages, pourquoi ça serait exclusivement lui et son copain qui ont été victimes de cette homophobie?

Selon Jacques-Alain Lavallée, porte-parole de l’arrondissement Ville-Marie, ce règlement municipal assure la quiétude des résidents de la rue Ste-Catherine, lorsque celle-ci est transformée en voie piétonnière. Y’a-t-il vraiment des gens qui vont s’installer sur la rue Ste-Catherine et qui recherche de la quiétude? Je pense qu’ils ont mal choisi leur coin.

Tu ne te loues pas un appartement sur le bord de l’autoroute Décarie pour ensuite te plaindre qu’il y a trop d’autos, tu ne t’achètes pas un condo sur le bord d’un chemin de fer pour ensuite te plaindre qu’il y a trop de trains et tu ne t’installes pas en face d’un dépotoir pour ensuite te plaindre des odeurs. De la même façon, tu ne t’installes pas sur la rue Ste-Catherine si t’es pas prêt à endurer les gens, le bruit, la vie en ville, de jour comme de nuit.

S.Martel
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juil 06

policeUn jugement qui a confirmé une décision du Conseil des services essentiels sur l’essentialité des contraventions était rendu public la semaine dernière. Dans ce jugement, le tribunal a reconnu l’effet dissuasif de la répression, mais n’a pu établir une corrélation entre l’augmentation de cette répression (augmentation du nombre de constats d’infraction émis) et une baisse du nombre d’accidents et blessés de la route.

Si on n’arrive pas à prouver, statistiquement, une telle corrélation devant un tribunal, c’est probablement qu’elle n’existe que dans les stratégies de relationneur publique et autres magiciens de la communication propagandiste qui se sont vu donné le mandat de récolter de la sécurité à grand coup de peur et paranoïa.

Il y a un gros paradoxe dans ce jugement, puisque la répression y est décrite comme nécessaire, mais n’ayant pas vraiment d’effet concret. Pourquoi les contraventions sont-elles un service essentiel qui ne doit pas être influencé par des moyens de pression en période de négociation? La sécurité routière n’a qu’un role de figuration dans l’équation.

D’ailleurs, le jugement le dit clairement, en décrivant les moyens de pression des policiers qui avaient cessé de distribuer les contraventions:

ce moyen de pression était susceptible de porter préjudice au service.

De quelle façon arrêter de distribuer des contraventions pouvait-il porter préjudice au service de police en matière de sécurité routière s’il n’y a pas clairement de corrélation entre la contravention et cette sécurité? En le privant de revenus substantiels nécessaires à son bon fonctionnement, bien sûr.

S.Martel
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