août 13

Ce matin, en Montérégie, j’ai croisé le Grand tour, une aventure cycliste de groupe qui semble assez populaire. Ils étaient certainement une centaine à rouler sur une rue résidentielle de la municipalité de Richelieu.

Comment ça se passait? Ils occupaient toute la rue, la moitié du cortège roulant ainsi à contresens. En fait, ils n’occupaient pas vraiment toute la rue, il y a un corridor en bordure de rue qu’ils n’occupaient pas: la piste cyclable! Si bien que c’est moi, en voiture, qui a dû passer dans la piste cyclable afin de pouvoir continuer mon chemin en les évitant. De la centaine de cyclistes, combien en ai-je vu faire un des 4 ou 5 arrêts obligatoires sur le tronçon de rue que j’ai emprunté? Aucun.

Comment pensez-vous qu’un automobiliste se sent face aux cyclistes après une telle démonstration de leur définition du «partage» de la route et du respect des normes de sécurité routière? Il se sent tout à fait justifié de penser: «fuck you, arrangez-vous pour m’éviter». Bien entendu, ce n’est pas mon cas. Parce que moi, j’ai du civisme et un sens des responsabilités à l’épreuve de la sottise des autres lorsque j’utilise la route.

Je peux bien me permettre une généralisation sur les cycliste avec cet épisode. Pourquoi? Parce que ces gens-là ne sont pas des cyclistes du dimanche ou d’occasionnels utilisateurs de Bixi. Ce sont les vrais, ceux partis de Glenn Falls dans l’État de New-York il y a 6 jours avec leurs beaux casques et leurs maillots. Alors si ils ne représentent pas le cycliste modèle, je ne sais pas qui peut le prétendre.

Ça ne prend que quelques personnes dans une foule pour faire changer l’opinion face au groupe. Quelques pommes pourries qui deviennent l’incarnation du reste du panier. Là, j’ai croisé un panier de la crème des pommes et elles étaient pourries. Comment voulez-vous que j’accorde quelconque crédibilité à la prochaine pomme à casque qui me fera des gros yeux parce que j’ose le transport automobile?

S.Martel
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déc 15

40kmhÇa y est! La ville de Montréal sera un paradis pour les piétons qui verront leurs blessures diminuer d’une façon spectaculaire grâce à une nouvelle règlementation de la vitesse… irrégulière et non indiquée.

Personne ne semble avoir pensé par contre que dans un accident piéton/voiture, il y a aussi un piéton. On ne règlera jamais de problèmes de partage de la route si on ne leur serre pas la vis à eux aussi. Je passe sur la rue Berri au coin de Mont-Royal presque tous les jours en voiture et à chaque fois, ce n’est pas un seul et exceptionnel piéton, mais systématiquement plusieurs piétons qui passent sur la rouge, sans regarder, souvent volontairement sourds grâce à leur iPod rivé aux oreilles et qui me font les yeux fâchés si j’ose prendre ma priorité en leur offrant un sympathique petit avertissement sonore afin qu’ils puissent garder leur tête bien attachée à leur corps.

Sans discipline de leur part, même avec des limites à 20 km/h, il y aura un problème. D’ailleurs, il ne faut pas avoir voyagé beaucoup pour comprendre que la discipline piétonnière est largement déficiente à Montréal et au Québec en général. Semble-t-il qu’on préfère encore ignorer cet aspect de la problématique.

Et c’est quoi cette application par quartier et par type de rue d’une règle de conduite automobile? On croirait qu’il y a un département à la ville de Montréal dont le rôle est de rendre complexe une mesure pourtant simple. On veut mettre ça à 40 km/h, qu’on le fasse à la grandeur de la ville, sur toutes les rues, point.

Une pancarte qui indique que la vitesse limite dans le «secteur» est à 40 km/h, ce n’est pas assez. Si la Ville décide de jouer de l’exception, comme pour son virage à droite sur feu rouge, qu’elle assume les coûts financiers et esthétiques de ses choix et qu’elle tapisse la ville de pancarte. Il n’y a rien de sécuritaire à demander aux automobilistes de constamment considérer dans quel arrondissement et sur quel type de rue ils sont afin de connaître la limite de vitesse.

L’inattention est probablement une cause beaucoup plus importante d’accident que la vitesse dans un milieu urbain et avec des règles appliquées par arrondissement et par type de rue, avec un affichage à l’entrée des «secteurs», on augmente les probabilités d’inattention. Déjà que la plupart des chauffeurs n’arrivent même pas à utiliser le clignotant ou à vérifier un angle mort, c’est espéré beaucoup de leur demander de gérer d’omniprésentes exceptions de limite de vitesse sans utiliser les pancartes pour leur signaler.

Mais ce qui m’exaspère le plus, ce sont ces bien-pensants avec leurs petites statistiques généralistes, comme celles de Louise Bonneau, de la division de la sécurité routière du SPVM qui affirmait en plein Téléjournal hier que chaque km/h de moins de la vitesse moyenne se traduit par une baisse de 3% des accidents. Si c’était vraiment le cas et que la relation cause effet était si simpliste, on n’aurait qu’à diminuer la vitesse à 65 km/h sur les autoroutes pour y faire disparaître presque totalement les accidents.

Malheureusement pour ces intégristes de l’absolue sécurité, les causes d’accident sont beaucoup plus vastes et diversifiées que la méchante vitesse. Mais, elles sont aussi beaucoup plus complexes à contrôler, alors on préfère l’impression de sécurité à la sécurité comme telle. C’est plus simple à gérer, ça coûte moins cher à implanter et ça rapportera beaucoup plus.

S.Martel
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oct 16

Encore un bel exemple de l’absurdité de l’application sans réflexion du «no fault», dans la même lignée que ce que j’avais exprimé ici, il y a deux ans. Cette fois-ci, c’est moi qui suis impliqué.

Un pavé assez gros a quitté la remorque qui en transportait deux bonnes centaines sur l’autoroute ce matin. Je l’ai presque évité. Presque, mais pas assez, alors la roue arrière de ma voiture a été complètement démolie.

J’ai fait appel à la police afin de faire un rapport d’événement. On m’a répondu qu’étant donné que les deux véhicules n’étaient pas entrés en collision, qu’il s’agissait plutôt d’un événement de responsabilité civile et non pas d’un accident de la route. Pour cette raison, les policiers ne sont pas venus faire de constatation sur les lieux de l’événement.

Des meubles sont déjà tombés sur ma voiture alors qu’elle était stationnée sur la rue. Les policiers étaient venus faire un rapport, ce qui m’avait aidé à identifier les responsables et demander compensation. C’est quoi la différence avec l’événement de ce matin?

Quelqu’un peut-il m’expliquer pourquoi une pierre qui tombe d’une remorque et percute ma voiture n’est pas considéré comme un accident de la route alors qu’une pierre dans un viaduc qui s’écrase sur une voiture l’est?

S.Martel
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sept 28

J’ai envoyé un courriel à la Société des ponts fédéraux afin de savoir pourquoi, hors des heures dites «de pointe», ils fermaient toujours la voie du centre du Pont Jacques Cartier. Voici la réponse (j’y ai soustrait tout le blabla corporatif):

(…) la SQ décide du moment opportun pour ouvrir ou fermer les voies en fonction de la circulation, de la direction de l’heure de pointe,  des travaux d’entretien ou autres circonstances liées à la sécurité.

La voie centrale est soustraite à la circulation lorsque la SQ le juge nécessaire pour des raisons de sécurité, dans les situations de circulation plus fluide et rien n’est laissé au hasard.

pjc

«Dans des situations de circulation plus fluide». Donc, selon la SQ, il est plus dangereux de laisser toutes les voies du pont Jacques-Cartier ouvertes lorsqu’il y a peu de circulation que lorsqu’il y en a beaucoup. Je cherche à comprendre la logique de l’argument et elle me semble complètement inverse au bon sens.

Ils disent «ouvrir ou fermer les voies en fonction de la circulation» et pourtant, je n’ai jamais vu cette ligne centrale ouvrir pour palier à une circulation lourde hors des heures de pointe, comme ça arrive assez fréquemment la semaine en fin de matinée ou le samedi après-midi. D’ailleurs, la deuxième partie de la réponse donne un bon indice qu’ils ne le font jamais.

La voie centrale joue de plus un rôle de délimitation entre les deux directions en remplacement des murets ou divisions physiques que l’on retrouve généralement sur d’autres structures ou autoroutes.

La vitesse maximale permise sur le pont est de 50 km/h, alors pourquoi le comparer à une autoroute? En quoi circuler sur le pont Jacques-Cartier à 50 km/h, sur des voies séparées par une ligne peinte, est plus dangereux que de circuler sur une route provinciale à 90 km/h ayant la même configuration, mais des courbes en plus et l’éclairage en moins?

Sur le pont Champlain, on croise des autobus à contre-sens qui circulent sur une voie délimitée par des cônes. Est-ce que la délimitation des directions par cônes est à ce point plus sécuritaire qu’il n’est pas nécessaire d’y fermer une voie de plus?

La rue Sherbrooke est à double sens et assez occupée. Pourquoi ne pas y délimiter les directions à l’aide d’un muret ou à défaut, d’une voie fermée?

La réponse à ma question manque clairement de cohérence, mais lorsqu’on parle de l’obsessionnelle sécurité, il n’est pas nécessaire d’être cohérent.

S.Martel
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sept 08

70kmhPrendre la peine d’installer des panneaux électroniques sur le bord des routes, près des chantiers, est une excellente façon de bien gérer la circulation causée par les nombreux travaux. Donner des informations en temps réel sur la circulation, proposer des trajets alternatifs, annoncer des fermetures prévues ou des événements ponctuels, tout ça est possible grâce à ces équipements pratiques.

Et pourtant, ce qui arrive la plupart du temps, c’est qu’aucune de ces informations n’y est diffusée. Le panneau se résume à jouer la version électronique d’un panneau statique tout juste avant ou après, y répétant souvent les mêmes informations ou proposant de flagrantes généralités que tout chauffeur devrait savoir avant même de mettre la clé dans le contact.

Dans un chantier près de chez moi, le panneau indique depuis des semaines: «Soyez prudents». Une évidence comme si j’inscrivais «froid» sur l’intérieur de ma porte de frigo. Une information qui pourrait bien se retrouver sur un losange métallique orangé, alors que le panneau électronique me donnerai des infos plus pratiques.

On capitalise, encore une fois, sur la sécurité bête et primaire, promulguée à un niveau d’enfant de 2 ans: attention debout sur la chaise, tu peux tomber. Vous voulez de la sécurité? Informez vraiment les gens avec ces panneaux, donnez-leur de vraies informations utiles. Ils seront moins surpris et frustrés s’ils se retrouvent dans un bouchon et seront sereins s’ils arrivent à l’éviter.

S.Martel
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