Le Canada décide d’installer des scanneurs corporels dans les aéroports. Pour avoir subi les effets des contrôles de sécurité post bobettes explosives, ça me semblait un excellente initiative. En lisant certains articles ce matin, j’en suis moins sûr.
Ce n’est pas pour les possibles atteintes à ma vie privée que prétendent certains intervenants, comme Roch Tassé de la Coalition pour la surveillance internationale des libertés civiles. La protection de la vie privée je veux bien, mais j’aime aussi l’idée de voyager en sachant que mon voisin de cabine n’a pas un pétard entre les fesses. Si tu veux protéger absolument ta vie privée ou ne veux pas offrir une représentation virtuelle de ta bedaine aux yeux d’un agent de sécurité: reste chez vous! Le voyage en avion n’est pas un droit fondamental.
Non, mes réserves viennent du détail de cette opération de relation publique. Parce que le but des mesures accrues de sécurité des aéroports, c’est essentiellement ça: un exercice de relations publiques servant à rassurer les passagers et montrer à nos voisins américains qu’on partage leur paranoïa.
D’ailleurs, ces scanneurs ne seront utilisés que pour les voyageurs en direction des États-Unis. Probablement parce que le Canada ou certains pays européens ne sont pas du tout impliqués dans une guerre face à des fondamentalistes religieux qui ont la pratique terroriste facile, on n’appliquera pas la mesure, par exemple, à un vol Montréal-Paris. On sait aussi que les attentats terroristes ne visent qu’exclusivement les avions transportant des Américains. Londres, Bali et Madrid en ont eu d’excellents exemples.
Une autre indication que ce scanneur n’est que parure: le processus total est plus long qu’une fouille manuelle. À quoi bon alors? Ne préfère-t-on pas la bonne vieille méthode «hands-on» à une technologie qui saura bien être déjouée un jour ou l’autre?
La sécurité aéroportuaire accrue, je veux bien, mais que ça soit une mesure mur-à-mur, efficace, qui apporte un avantage et non pas un simple artifice.
Et le qualificatif d’artifice se révèle bien réel quand on y pense deux minutes. Entre le moment où on a passé la sécurité et celui où on entre dans l’avion, il peut arriver bien des choses. Par exemple, à Montréal on fait confiance aux mamans, ne possédant pas les scanneurs à substances que les agents utilisent dans les aéroports américains. Une maman et un poupon peuvent donc passer avec un sac plein de liquides, poudres et accessoires à bébé sans problème, mais rien n’exclut la possibilité qu’elle refile ensuite le sac et son kit de chimie à quelqu’un d’autre qui prendra un autre avion. Dans cette zone dite « sécurisée », on peut aussi côtoyer des passagers « non scannés » qui partent pour l’Italie alors que l’on s’en va à Philadelphie. À Zurich, le comptoir «duty-free» situé entre la sécurité et l’embarquement vend des couteaux suisses comme souvenir…
Selon moi, les autorités régissant ces mesures perdent aussi en crédibilité en étant constamment en mode réaction. En 2001 on a détourné des avions à coups d’X-Acto, on a ensuite interdit les coupes-ongles. Richard Reed a voulu faire exploser ses souliers, dès le lendemain et jusqu’à aujourd’hui, on enlève nos souliers avant d’entrer. Il y a deux semaines ce sont les bobettes, on sort les scanneurs. Est-ce qu’on pense vraiment que les perpétreurs d’attentats sont des demeurés qui n’ont pas d’autres ressources ou imagination que de répéter les actes précédents, dans les mêmes conditions et envers les mêmes cibles?
Dans ce sens, M. Tassé déclarait à Radio-Canada hier que c’était une mauvaise stratégie de se rabattre sur la technologie pour régler des problèmes «humains». C’est une solution si simple que je me demande pourquoi personne n’y a pensé: au lieu d’installer des scanneurs de bombes dans les aéroports, on s’arrange pour que tous sur la terre vivent en harmonie, en paix, soient prospèrent et heureux et que personne n’ait envie de faire sauter un avion. Facile!


Prendre la peine d’installer des panneaux électroniques sur le bord des routes, près des chantiers, est une excellente façon de bien gérer la circulation causée par les nombreux travaux. Donner des informations en temps réel sur la circulation, proposer des trajets alternatifs, annoncer des fermetures prévues ou des événements ponctuels, tout ça est possible grâce à ces équipements pratiques.
J’ai grandi en banlieue de Montréal sur une rue bordée de cottages et bungalows où camelots, laitiers et facteurs passaient remplir nos têtes, nos ventres et notre boîte postale. Au fil des années, tout autour de ce quartier se sont greffés de nouveaux développements résidentiels. À part une standardisation plus répandue des modèles architecturaux et le manque d’arbres matures, l’autre différence notable entre ces nouveaux tentacules du quartier et la partie où j’ai grandi c’est la distribution du courrier dans les boîtes postales communautaires.
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