jan 06

Le Canada décide d’installer des scanneurs corporels dans les aéroports. Pour avoir subi les effets des contrôles de sécurité post bobettes explosives, ça me semblait un excellente initiative. En lisant certains articles ce matin, j’en suis moins sûr.

Ce n’est pas pour les possibles atteintes à ma vie privée que prétendent certains intervenants, comme Roch Tassé de la Coalition pour la surveillance internationale des libertés civiles. La protection de la vie privée je veux bien, mais j’aime aussi l’idée de voyager en sachant que mon voisin de cabine n’a pas un pétard entre les fesses. Si tu veux protéger absolument ta vie privée ou ne veux pas offrir une représentation virtuelle de ta bedaine aux yeux d’un agent de sécurité: reste chez vous! Le voyage en avion n’est pas un droit fondamental.

Non, mes réserves viennent du détail de cette opération de relation publique. Parce que le but des mesures accrues de sécurité des aéroports, c’est essentiellement ça: un exercice de relations publiques servant à rassurer les passagers et montrer à nos voisins américains qu’on partage leur paranoïa.

D’ailleurs, ces scanneurs ne seront utilisés que pour les voyageurs en direction des États-Unis. Probablement parce que le Canada ou certains pays européens ne sont pas du tout impliqués dans une guerre face à des fondamentalistes religieux qui ont la pratique terroriste facile, on n’appliquera pas la mesure, par exemple, à un vol Montréal-Paris. On sait aussi que les attentats terroristes ne visent qu’exclusivement les avions transportant des Américains. Londres, Bali et Madrid en ont eu d’excellents exemples.

Une autre indication que ce scanneur n’est que parure: le processus total est plus long qu’une fouille manuelle. À quoi bon alors? Ne préfère-t-on pas la bonne vieille méthode «hands-on» à une technologie qui saura bien être déjouée un jour ou l’autre?

La sécurité aéroportuaire accrue, je veux bien, mais que ça soit une mesure mur-à-mur, efficace, qui apporte un avantage et non pas un simple artifice.

Et le qualificatif d’artifice se révèle bien réel quand on y pense deux minutes. Entre le moment où on a passé la sécurité et celui où on entre dans l’avion, il peut arriver bien des choses. Par exemple, à Montréal on fait confiance aux mamans, ne possédant pas les scanneurs à substances que les agents utilisent dans les aéroports américains. Une maman et un poupon peuvent donc passer avec un sac plein de liquides, poudres et accessoires à bébé sans problème, mais rien n’exclut la possibilité qu’elle refile ensuite le sac et son kit de chimie à quelqu’un d’autre qui prendra un autre avion. Dans cette zone dite « sécurisée », on peut aussi côtoyer des passagers « non scannés » qui partent pour l’Italie alors que l’on s’en va à Philadelphie. À Zurich, le comptoir «duty-free» situé entre la sécurité et l’embarquement vend des couteaux suisses comme souvenir…

Selon moi, les autorités régissant ces mesures perdent aussi en crédibilité en étant constamment en mode réaction. En 2001 on a détourné des avions à coups d’X-Acto, on a ensuite interdit les coupes-ongles. Richard Reed a voulu faire exploser ses souliers, dès le lendemain et jusqu’à aujourd’hui, on enlève nos souliers avant d’entrer. Il y a deux semaines ce sont les bobettes, on sort les scanneurs. Est-ce qu’on pense vraiment que les perpétreurs d’attentats sont des demeurés qui n’ont pas d’autres ressources ou imagination que de répéter les actes précédents, dans les mêmes conditions et envers les mêmes cibles?

Dans ce sens, M. Tassé déclarait à Radio-Canada hier que c’était une mauvaise stratégie de se rabattre sur la technologie pour régler des problèmes «humains». C’est une solution si simple que je me demande pourquoi personne n’y a pensé: au lieu d’installer des scanneurs de bombes dans les aéroports, on s’arrange pour que tous sur la terre vivent en harmonie, en paix, soient prospèrent et heureux et que personne n’ait envie de faire sauter un avion. Facile!

S.Martel
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sept 28

J’ai envoyé un courriel à la Société des ponts fédéraux afin de savoir pourquoi, hors des heures dites «de pointe», ils fermaient toujours la voie du centre du Pont Jacques Cartier. Voici la réponse (j’y ai soustrait tout le blabla corporatif):

(…) la SQ décide du moment opportun pour ouvrir ou fermer les voies en fonction de la circulation, de la direction de l’heure de pointe,  des travaux d’entretien ou autres circonstances liées à la sécurité.

La voie centrale est soustraite à la circulation lorsque la SQ le juge nécessaire pour des raisons de sécurité, dans les situations de circulation plus fluide et rien n’est laissé au hasard.

pjc

«Dans des situations de circulation plus fluide». Donc, selon la SQ, il est plus dangereux de laisser toutes les voies du pont Jacques-Cartier ouvertes lorsqu’il y a peu de circulation que lorsqu’il y en a beaucoup. Je cherche à comprendre la logique de l’argument et elle me semble complètement inverse au bon sens.

Ils disent «ouvrir ou fermer les voies en fonction de la circulation» et pourtant, je n’ai jamais vu cette ligne centrale ouvrir pour palier à une circulation lourde hors des heures de pointe, comme ça arrive assez fréquemment la semaine en fin de matinée ou le samedi après-midi. D’ailleurs, la deuxième partie de la réponse donne un bon indice qu’ils ne le font jamais.

La voie centrale joue de plus un rôle de délimitation entre les deux directions en remplacement des murets ou divisions physiques que l’on retrouve généralement sur d’autres structures ou autoroutes.

La vitesse maximale permise sur le pont est de 50 km/h, alors pourquoi le comparer à une autoroute? En quoi circuler sur le pont Jacques-Cartier à 50 km/h, sur des voies séparées par une ligne peinte, est plus dangereux que de circuler sur une route provinciale à 90 km/h ayant la même configuration, mais des courbes en plus et l’éclairage en moins?

Sur le pont Champlain, on croise des autobus à contre-sens qui circulent sur une voie délimitée par des cônes. Est-ce que la délimitation des directions par cônes est à ce point plus sécuritaire qu’il n’est pas nécessaire d’y fermer une voie de plus?

La rue Sherbrooke est à double sens et assez occupée. Pourquoi ne pas y délimiter les directions à l’aide d’un muret ou à défaut, d’une voie fermée?

La réponse à ma question manque clairement de cohérence, mais lorsqu’on parle de l’obsessionnelle sécurité, il n’est pas nécessaire d’être cohérent.

S.Martel
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sept 08

70kmhPrendre la peine d’installer des panneaux électroniques sur le bord des routes, près des chantiers, est une excellente façon de bien gérer la circulation causée par les nombreux travaux. Donner des informations en temps réel sur la circulation, proposer des trajets alternatifs, annoncer des fermetures prévues ou des événements ponctuels, tout ça est possible grâce à ces équipements pratiques.

Et pourtant, ce qui arrive la plupart du temps, c’est qu’aucune de ces informations n’y est diffusée. Le panneau se résume à jouer la version électronique d’un panneau statique tout juste avant ou après, y répétant souvent les mêmes informations ou proposant de flagrantes généralités que tout chauffeur devrait savoir avant même de mettre la clé dans le contact.

Dans un chantier près de chez moi, le panneau indique depuis des semaines: «Soyez prudents». Une évidence comme si j’inscrivais «froid» sur l’intérieur de ma porte de frigo. Une information qui pourrait bien se retrouver sur un losange métallique orangé, alors que le panneau électronique me donnerai des infos plus pratiques.

On capitalise, encore une fois, sur la sécurité bête et primaire, promulguée à un niveau d’enfant de 2 ans: attention debout sur la chaise, tu peux tomber. Vous voulez de la sécurité? Informez vraiment les gens avec ces panneaux, donnez-leur de vraies informations utiles. Ils seront moins surpris et frustrés s’ils se retrouvent dans un bouchon et seront sereins s’ils arrivent à l’éviter.

S.Martel
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août 28

BPCOMJ’ai grandi en banlieue de Montréal sur une rue bordée de cottages et bungalows où camelots, laitiers et facteurs passaient remplir nos têtes, nos ventres et notre boîte postale. Au fil des années, tout autour de ce quartier se sont greffés de nouveaux développements résidentiels. À part une standardisation plus répandue des modèles architecturaux et le manque d’arbres matures, l’autre différence notable entre ces nouveaux tentacules du quartier et la partie où j’ai grandi c’est la distribution du courrier dans les boîtes postales communautaires.

Dans les nouveaux quartiers, on ne vous distribue pas le courrier à domicile. Vous n’avez pas droit au même service que dans les quartiers plus vieux, aux mêmes conditions. Et pourtant, vous payez les mêmes impôts et un timbre vous coûte le même prix.

La distribution à domicile est devenue un privilège et c’est un privilège qui tend même à disparaître. Quel est l’avantage de la boîte postale communautaire? Le coût, bien entendu. Le facteur se déplace en voiture ou camionnette, arrête à un endroit et y laisse le courrier de toute une rue à la fois. Sauf que Postes Canada n’affirmera jamais que c’est une histoire de coûts, ils vous «spinnent» ça en avantage en affirmant que la boîte postale communautaire «vous permet de ramasser votre courrier en tout temps, au moment qui vous convient le mieux».

Euh… encore faut-il que le facteur soit passé. Ce n’est pas vraiment un avantage si je m’y rends pour rien alors que mon courrier n’y est pas encore déposé. De plus, ma boîte postale à la maison est encore plus pratique puisque je peux y aller en bobettes ou en robe de chambre, ce qui me convient pas mal mieux.

L’autre avantage, bien entendu, c’est l’obsessionnelle sécurité. «Grâce à une boîte postale communautaire, votre courrier est toujours sous clé.». Mon père, en 36 ans de résidence à l’endroit où j’ai grandi, ne s’est jamais fait volé du courrier dans sa boîte postale ni n’a entendu parlé de quelqu’un du quartier qui s’est fait volé son courrier. Pas grave, on vous vend l’idée qu’il est préférable d’être un paranoïaque prévoyant qui doit aller chercher son courrier sous clé au lieu de le recevoir chez soi. Postes Canada ne semble pas au courant qu’il existe depuis belle lurette des boites postales résidentielles qui se ferment à clé tout en permettant au facteur d’y déposer le courrier par une ouverture.

C’est entre autres au nom de cette fameuse obsession de sécurité que Postes Canada tente de faire avaler aux gens des milieux ruraux qu’ils ne pourront plus, eux aussi, recevoir le courrier à domicile. Même s’il n’y a pas vraiment un problème d’accidents impliquant les facteurs stationnés en bord de route, on sort le ruban à mesurer et l’on fait des demandes aussi ridicules que celle faite au député de Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques, Claude Guimond, de déplacer sa boite postale de 25 centimètres.

La réalité c’est qu’on veut cesser de distribuer le courrier à domicile en milieux ruraux pour recentrer ça sur les boîtes postales communautaires, encore une fois. Semble-t-il que l’on considère qu’une voiture d’un employé de Postes Canada, habitué et entraîné à s’arrêter en bordure de route devant chaque résidence pour livrer le courrier est moins sécuritaire que tous les résidents qui doivent s’arrêter en bord de route, au même endroit: à la boite postale communautaire.

Ce plan de distribution en milieux ruraux vient d’une longue étude appelée «Examen stratégique de la Société canadienne des postes». Les conclusions de cet examen tendent aussi vers la privatisation de certains services ce qui lance un tout autre débat, drôlement plus important que celui de la livraison à domicile. Par exemple, si une entreprise américaine venait à obtenir un contrat dans le traitement du courrier au Canada, elle se devrait de fournir des renseignements privés sur les expéditeurs et receveurs de courrier canadiens au gouvernement fédéral américain sous les exigences du «Patriot Act».

L’automobile, le téléphone, le fax, ne sont que quelques bouleversements que le service des postes a rencontré et auxquels il a su s’ajuster avec succès au cours des siècles. Selon moi, même en cette ère numérique, il reste nécessaire puisque c’est beaucoup plus qu’un simple service, c’est un symbole, et ça aussi c’est important. Le facteur c’est pas seulement quelqu’un qui vous livre le courrier, c’est aussi une de ces incarnations de l’essence d’une communauté. Mettre l’accent sur la privatisation et sur la distribution en boîtes postales communautaires, c’est décaper encore un peu ce qu’il reste des liens qui tissent nos communautés.

S.Martel
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août 02

J’ai souvent exprimé ici que l’obsession de la sécurité chez les enfants à coup de casques et de cache-prises de courant m’exaspérait. Voici l’autre extrême.

Outre les nombreuses infractions, l’imbécillité, l’irresponsabilité et le manque de jugement flagrant, c’est d’abord l’inconscience qui me frappe dans ce  clip. On ne met pas sa famille dans une situation dangereuse comme celle-là et on ne laisse pas son chum mettre sa famille dans une situation dangereuse comme celle-là. Si on le fait, on démontre véritablement qu’on n’est pas apte à porter nos responsabilités parentales.

Elle est où la DPJ dans le cas de parents complètement abrutis comme ceux-là? Faut dire que si l’on consulte les définitions précises des cas où elle se doit d’intervenir, je crois bien que cette scène ne serait même pas considéré comme un comportement compromettant la sécurité des enfants sous la Loi sur la protection de la jeunesse.

J’espère quand même que si quelqu’un les reconnaît, il se fera un devoir de leur servir une bonne claque en arrière de la tête. Peut-être même deux.

S.Martel
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