fév 05

La guerre des rives entre Laval et Longueuil au niveau des tarifs de l’accès du métro par abonnement mensuel se termine. Laval gagne son point et tout le monde y perd.

Car maintenant, ça prend une passe TRAM 3, plus chère, pour prendre le métro à Longueuil, comme à Laval. Une passe qui donne accès aux trains et autobus des banlieues, même si vous n’en avez pas besoin. C’est un peu comme si vous commandiez une frite dans un fast-food et qu’on n’acceptait que de vous la vendre en trio, avec boisson et hamburger. On parle ici de trajets de 2 ou 3 stations supplémentaires pour 40$ de plus par mois. D’un côté on fait de la pub afin d’encourager l’utilisation du transport en commun et de l’autre on pose des actions qui viennent démolir nos propres efforts. Ce n’est pas avec des décisions comme celle là et de telles impositions de coûts élevés qu’on va encourager l’utilisation du transport en commun. Surtout pas quand le service est saturé au point d’être presque inutilisable à certains endroits.

En fait, ce qui ressort de cette situation, c’est que dans une petite zone métropolitaine comme celle de Montréal, une seule société de transport c’est assez. Pas une trentaine sous le parapluie d’une agence comme c’est le cas actuellement. Une seule société avec une seule carte de tarifs. Qu’on y implante des zones tarifaires, c’est normal. Mais ces zones ne devraient pas être le résultat de négociations entre différentes sociétés sous la pression de différentes municipalités. C’est courir après l’inefficacité de s’imposer une telle structure administrative et la lourdeur qui vient avec.

Et pourquoi ne pourrait-on pas, dans le transport en commun, se fabriquer des forfaits personnalisables avec des possibilités d’achat de services beaucoup plus flexibles, un peu comme lorsqu’on contracte des services avec Bell et Vidéotron?

S.Martel
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sept 29

J’écoute notre cher gouvernement parler d’élimination du déficit et d’augmentation des tarifs comme étant l’unique décision et je trouve que ça manque d’imagination et de courage.

Dans le mouvement d’opposition à ces hausses, il y a le discours, maintenant bien connu et maintes fois répété, de l’économiste Léo-Paul Lauzon. J’aime bien Léo-Paul, sa tendance à ramener sur le plancher des vaches les grands épouvantails de l’économie est rafraîchissante. La population et les décideurs gagneraient, dans son cas à lui aussi, à passer outre le personnage et écouter les idées proposées. Je sais bien que certaines de ses propositions peuvent sembler radicales, mais il doit bien y avoir quelques pistes intéressantes dans ce qu’il affirme, ne serait-ce que par la loi de la moyenne.

Les exemples de Lauzon d’alternative à l’augmentation des tarifs sont concrets et d’une évidence étonnante. Il apparaît clair quand on les met en perspective que quand le gouvernement Charest parle de taxer les chips et les hamburgers afin d’aller chercher des revenus, il cherche à brouiller les cartes et lancer le débat sur une fausse piste. C’est comme pelleter du sable à la cuillère alors qu’on ferme les yeux sur ceux qui sortent ça à coup de 18 roues.

Par exemple, Lauzon affirmait cette semaine qu’Alcan n’a pas payé d’impôt au Québec depuis plusieurs années, une période pendant laquelle elle a engrangé des centaines de millions en profit en plus de recevoir des centaines de millions en subventions pour la construction d’usines. Selon les chiffres cités par Lauzon, 40% des entreprises ne payent pas d’impôt au Québec, même si l’impôt sur les entreprises y est le plus bas en Amérique.

Un autre exemple de Lauzon sont les REER qui profitent à seulement 1/4 de la population, un segment plus riche que la moyenne puisqu’il a les moyens de contribuer jusqu’à 23 000$ par année dans ces abris fiscaux. Les REER coûtent 10 milliards par année au gouvernement du Québec. Ça te rééquilibre un budget ça, mais la population ne le voit pas sous cet angle. Au lieu de se dire que ça serait peut-être une bonne idée d’éliminer cet abri fiscal de façon à ce que nos impôts finissent par baisser (ou du moins, se stabiliser), les gens préfèrent garder l’abri fiscal afin d’y déposer un petit 1000 $ et s’en frotter les mains, persuadés d’avoir fait une bonne passe.

En entrevue cette semaine, la position de Lauzon sur les péages aux ponts et autoroutes m’a surpris. Comme Lauzon fraye avec les quésistes de David, je croyais que lui aussi prônerait l’élimination utopique du transport automobile. Non, pour Lauzon l’automobile n’est pas un luxe, c’est plutôt une nécessité de première instance pour des milliers de travailleurs, l’alternative en commun n’étant pas viable dans leur cas. Réduire leur capacité à se déplacer, c’est réduire leur possibilité de décemment gagner leur vie.

Ce commentaire a renforcé mon impression que Léo-Paul est un idéaliste, mais pragmatique. Ça le rend d’autant plus pertinent. Je comprends que pour lui, les idéaux doivent répondre aux besoins des gens alors que chez beaucoup d’autres c’est l’inverse: les gens doivent se plier aux exigences de l’idéal.

On gagnerait à ne pas éliminer Léo-Paul Lauzon du débat public à cause de ses débordements caricaturaux. Derrière l’emportement, il y a une grande intelligence et un sens pratique du changement simple et efficace qui profiterait à une majorité de québécois.

S.Martel
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