mar 05

Budget
Le parti Libéral, par la voix de son chef, a exprimé son désaccord avec le budget fédéral d’hier parce qu’il ne répond pas aux besoins et aux attentes des Canadiens. Du même souffle, ils affirment ne pas vouloir faire tomber le gouvernement puisque les Canadiens ne semblent pas avoir le goût d’aller voter ces temps-ci.

Doit-on comprendre que le parti Libéral considère que des mesures budgétaires inappropriées, qui influenceront de grands pans de la vie quotidienne des Canadiens, sont de moins grande importance qu’un air de paresse électorale? Ça sent l’opportunisme de grand chemin, au point d’en perdre tout vestige de crédibilité.

Jeux olympiques
J’utilise légalement l’expression, puisqu’on a maintenant le droit de le faire, les jeux étant finis mettant fin du même coup à l’exclusivité de son utilisation par la famille CTV.

Qu’on n’ait pas le droit de montrer des images en direct, ça va. C’est pour ça que les réseaux payent. Qu’on n’ait pas le droit de montrer les images, en différé, dans le cadre d’un bulletin de nouvelles c’est ridicule. Comment peut-on diminuer à ce point le principe d’intérêt public quand on traite du plus grand événement mondial de compétitions sportives?

Mais le summum du grotesque, c’est qu’on interdise l’utilisation des termes «jeux olympiques». Ça sera quoi après? On ne pourra pas rapporter une nouvelle concernant des véhicules Toyota dangereux parce que la marque Toyota ne devra pas être mentionnée dans le cadre d’un bulletin de nouvelles?

Grève
Les cols-bleus terminent 40 jours de grève tournante aujourd’hui. Selon Michel Parent, le président du syndicat des cols-bleus, les troupes sont plus unies et les citoyens appuient d’avantage leurs demandes parce qu’ils n’ont pas été affectés par cette grève (pas si sûr moi, je serais curieux de vérifier cette affirmation par sondage…). Le maire lui aussi se réjouit que ça se soit bien passé et que ça n’a pas eu d’effet sur les services aux citoyens.

Une grève qui n’affecte personne, ça donne quoi? La grève c’est, selon moi, un moyen ultime. Mais pour être efficace, elle se doit d’être illimitée et générale. On bloque tout, tant que ça n’est pas réglé.

J’entends déjà la complainte du col-bleu: le Conseil des services essentiels demande que… et nous oblige que… Si votre cause ne vaut même pas un geste de désobéissance civile, c’est peut-être que ça n’est pas vraiment une cause, tout simplement.

S.Martel
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mar 04

Il y a des tempêtes cette semaine. Elles ne laissent pas de trace puisqu’elles sont dans de minuscules verres d’eau. Mais sous l’effet d’une certaine loupe médiatique se nourrissant à la controverse, elles deviennent de véritables tsunamis alors qu’elles ne sont réellement que des anecdotes.

Il y a bien entendu cette histoire de niqab dans un cours de francisation (pourquoi on ne nomme pas ça un cours de français, c’est un autre mystère). Je n’ai pas grand-chose à ajouter, c’est l’exemple parfait de ce qui dépasse la limite du raisonnable. Martin Petit a bien résumé la situation en une seule phrase lumineuse:

Cette femme veut se cacher derrière des lois supposées défendre des libertés, pour ensuite se cacher derrière un voile qui symbolise la négation d’un désir d’égalité.

Ce que je trouve très bizarre, c’est que cette histoire s’est passée dans un cours d’apprentissage du français où Naïma Atef Amed faisait des présentations orales devant (ou plutôt derrière) la classe, alors qu’en entrevue avec Anne-Marie Dussaut à Radio-Canada, elle ne parlait qu’arabe et avait besoin d’une interprète. Ça sent la mauvaise volonté et le fondamentalisme.

L’autre broutille vient de l’Association des gens d’affaires et professionnels italo-canadiens qui demande des excuses de Radio-Canada pour un sketch de RBO mettant en scène des mafiosi impliqués dans les histoires de collusion en construction. Selon moi, si on voulait lancer un débat sur le manque d’intégration culturelle au Québec, s’offusquer d’un sketch de RBO serait un excellent point de départ.

Une victimisation digne des plus gros sanglots de Tony Tomassi qui a poussé le vice-président de l’association, Giuliano D’Andrea, à déclarer: «Il y a des limites à la comédie et à la liberté d’expression». Des limites à la liberté d’expression… Si j’étais mesquin et que je voulais en rajouter, je dirais qu’on croirait entendre un vieux discours de Benito.

Monsieur D’Andrea affirme que ce sont des stéréotypes inacceptables. Pas besoin de suivre l’actualité de si près pour se rendre compte que dans ce contexte, ce ne sont pas des stéréotypes, mais bien des caricatures basées sur des faits.

S.Martel
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fév 24

Vous avez hâte d’aller à New York en TGV? Ne retenez pas votre souffle. Ce n’est pas parce que ce projet refait surface périodiquement que cette fois-ci, c’est la bonne.

Oubliez tout le tracas du financement, des guerres d’appel d’offres, des défis techniques et autres montagnes administratives à surmonter et ne faites que considérer le trajet d’une telle ligne de train. Si on prend l’autoroute 30 en exemple, on en a pour au moins 15 ans à déterminer ce trajet. Assez pour que du côté de l’État new-yorkais, le projet soit déjà construit avec des rails qui finissent nulle part, au milieu d’un champ d’Hemmingford.

Charest veut lancer des études de faisabilité de ce projet . Selon moi, c’est sa seule réelle intention: que ses amis puissent vendre des études. Contruire un hôpital ne prend pas une décennie, pourtant c’est presque ce que ça a pris à simplement étudier les lieux où il serait possible de le construire, pour finalement décider de le construire là où il y a déjà, depuis un siècle, un hôpital… Presque la moitié du coût original du projet est passé dans ces études qui concluent à des évidences.

L’engourdissement, le traînage de pied systématique et l’incapacité de mener à terme des projets permettent aux politiciens québécois de lancer de tels projets, récolter la faveur populaire, graisser les amis vendeurs de paperasse et s’assurer d’être retirés depuis un bout quand quelqu’un décidera de demander des comptes sur l’embourbement du projet. Ça, c’est si quelqu’un prend vraiment la peine de demander des comptes.

Les gens devraient être offusqués qu’on soit encore à une dizaine d’années de l’ouverture du CHUM, mais à part jouer du sarcasme, la vraie indignation se fait attendre. J’imagine qu’elle est en étude de faisabilité.

S.Martel
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fév 23

Pierre Desrochers, professeur au département de géographie de l’université de Toronto Mississauga, a pondu une étude affirmant que la consommation de produits locaux ne favoriserait pas la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Il soutient, entre autres, que seulement 11% des gaz associés à la production de nourriture sont imputables au transport. Je l’ai entendu en débat à la radio avec la vertueuse Laure Waridel la semaine dernière et j’ai trouvé son ton et son propos rafraîchissant.

Est-ce qu’il a raison ou non? Peu importe, il ose remettre en question ce qui est devenu un dogme et ça, c’est important. Parce que dans le discours environnementaliste, on a tendance à cloisonner les positions dans des camps de bons et de méchants, comme dans un mauvais western spaghetti. Il faut prendre pour du cash, sans questionner, ce que les bons organismes de défense et de promotion de l’environnement nous disent et rejeter sans même les considérer ce que les méchants pourfendeurs avancent. Il n’y a plus de place à la réflexion, il n’y a que des absolus.

Je déteste ces absolus. En adoptant aveuglément les positions, d’un côté comme de l’autre, même celles qui nous semblent les plus évidentes, on finit par s’en faire passer quelques-unes, disons «moins fraîches». Quand un clan n’a plus vraiment à convaincre, que seule sa notoriété fait poids de preuve, la rigueur en prend un coup, c’est inévitable. En ce sens, un Pierre Desrochers est important, ne serait-ce que pour garder ses adversaires idéologiques sur le qui-vive.

Le professeur a répondu à Laure Waridel, qui venait de mettre en cause les sources scientifiques derrière son étude, qu’il attendait toujours son chèque des lobbys du pétrole. L’étude du professeur Desrochers est commanditée par l’Institut économique de Montréal, ce qui la place dans un contexte qu’il est absolument important de considérer. Mais il ne faut jamais oublier que de l’autre côté de la table, ce contexte est tout aussi important. Les organismes de défense et de promotion de l’environnement, ce sont eux aussi des lobbys et des entreprises. Steven Guilbault ne fait pas du bénévolat chez Équiterre, c’est sa job. C’est ce qui lui permet de mettre du céleri-rave sur sa table.

En défendant son étude, le professeur affirme qu’il faut regarder l’ensemble du cycle de production pour évaluer la situation. Il donne en exemple les fraises de Californie. Un hectare de terre peut en produire jusqu’à 50 000 kg, alors qu’en Ontario ce chiffre varie entre 7000 kg et 10 000 kg. Mais il omet une donnée primordiale. Les grosses fraises californiennes à 50 000 kg/hectare ne goûtent pas bon. C’est, selon moi, une des données les plus importantes, pourtant, c’est celle que l’on met de côté le plus rapidement.

Les aliments sont bien plus qu’une empreinte de carbone, une source de fibres, d’oméga 3 et d’antioxydants. C’est aussi une source de plaisir et de bien-être. Il y a des choses qui ne se calculent pas en quantité de gaz à effet de serre.

S.Martel
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fév 22

Une étude de chercheurs de l’Université McGill a déterminé qu’au Canada, la prévalence de l’allergie à l’arachide est de 1,6% chez les enfants, ce qui est très élevé par rapport à l’Europe ou l’hémisphère sud et une augmentation du 0,6% des décennies précédentes. Augmentation du nombre d’enfants allergiques? Selon l’allergologue Martin Blaquière de l’hôpital Ste-Justine, il est possible que l’augmentation vienne tout simplement d’un meilleur diagnostic ou d’une méthodologie imprécise. C’est possible aussi que l’augmentation vienne de la confusion des parents entre l’allergie et l’intolérance ou de la paranoïa entourant ce sujet.

Dans ce 1,6% d’enfants allergiques, il est très rare, voir même exceptionnel que l’allergie aux arachides ne déclenche des réactions graves. Alors avec un si petit facteur de risque, la question se pose: doit-on absolument rendre stériles toutes les écoles et garderies comme on le fait présentement?

Bien entendu, comme il s’agit d’enfants, la rationalité prend le bord et l’émotivité fait dévier le débat. Mais à quel moment et dans quelles circonstances, l’énorme majorité doit se conformer, se surveiller et, bien entendu, payer pour accommoder l’infime minorité avec des produits « sans traces » d’allergènes? Qu’est-ce qui est un accommodement raisonnable allergique?

Semble-t-il que des groupes de pression représentant des personnes allergiques à certains aliments demandent maintenant aux compagnies aériennes d’offrir des environnements sans présences d’allergènes. On ne parle pas d’accès universel pour personnes handicapées ici, on parle de simples allergies alimentaires. Est-ce que la personne atteinte de telles allergies a le pouvoir moral d’imposer ses propres restrictions à l’ensemble d’une collectivité?

Si c’est le cas, alors j’exige qu’on fasse disparaître toute trace de végétation de notre environnement puisque je suis allergique au pollen.

AJOUT (24 fév):

Selon l’Association québécoise des allergies alimentaires
(http://www.aqaa.qc.ca/produits_et_services/Statistiques.asp) :

  • La prévalence de l’allergie aux arachides au Québec est d’environ 1%.
  • Les enfants québécois allergiques aux arachides ont un taux d’incidence annuel d’exposition accidentelle de 14.3%.
  • 57% des expositions accidentelles résultent en une réaction modérée à sévère.

Donc 57% de 14% de 1% ou 0,0008% 0,08% ou 1/1250 de probabilité annuelle qu’un enfant puisse avoir des réactions de modérées à sévères suite à une exposition accidentelle, tant à l’école qu’ailleurs. En d’autres mots: ce n’est pas réellement un problème.

S.Martel
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