sept 08

La Marie du Plateau Mont-Royal, dans un autre élan de distinction progressiste, veux faire retirer les panneaux réclame géants de son paysage afin d’améliorer la qualité de vie de ses citoyens.

Personnellement, je vois mal en quoi un panneau réclame, en pleine ville, peut venir dégrader votre qualité de vie, mais le niveau de sensibilité aux acabits de la vie citadine semble plus élevé que la moyenne dans cet arrondissement.

En fait, qu’ils s’amusent à édulcorer leur paysage urbain, ça m’importe bien peu. Les panneaux sont probablement plus jolis que les murs délabrés qu’ils cachent et sont un paramètre visuel beaucoup moins important, à mes yeux, que les horribles rénovations d’immeubles à coups de PVC blanc et les portes en vitre ornées d’une quenouille et d’un huard. Et s’ils ont du temps et de l’énergie à mettre sur de tels détails, c’est probablement que la plupart des problèmes sérieux sont déjà réglés et qu’il ne restera plus qu’à instaurer une règlementation pour les poules.

Là où j’ai un gros problème, c’est sur la déclaration de Alex Norris, conseiller municipal responsable du dossier. Il affirme: «On a le droit légal d’éteindre ces droits acquis, et c’est ce qu’on fait.»

Éteindre des droits acquis, rien de moins. Juste pour que ça soit clair, je le répète : ils se permettent « d’éteindre » des droits. On est sur une pente glissante quand des élus affirment sans gène qu’ils peuvent, à leur discrétion et de façon complètement arbitraire, renier des droits acquis.

Par définition, un droit acquis c’est un droit qui découle de la persistance dans le temps d’une situation qui permet de maintenir cette situation de fait et d’en jouir, même si cette situation n’est plus conforme à la nouvelle réglementation. Ce n’est pas rien. Même s’il revient à une entreprise et qu’il occasionne un certain désagrément pour quelques âmes sensibles qui vivent mal leur insertion dans l’urbanité contemporaine, il reste que c’est un droit et qu’à ce titre, il doit être respecté comme tout autre droit.

Leur attitude ne vaut pas plus que celle de vos charmantes compagnies de services de téléphone, télévision, Internet et cartes de crédit qui se gardent le droit de modifier votre contrat sans que vous puissiez faire quoi que ce soit. Et puis c’est le Plateau Mont-Royal, pas Pyongyang!

S.Martel
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sept 01

Contrairement à son conseiller municipal Carl Boileau, pour qui les mesures prises dans la quête de tranquillité bucolique en plein centre d’une ville ne sont pas causées par l’embourgeoisement des résidents du Plateau Mont-Royal, le maire de l’arrondissement et confrère politique de monsieur Boileau, Luc Ferrandez, croit plutôt que c’est en partie le cas.

Il a notamment déclaré à La Presse, au sujet de la nouvelle règlementation sur le bruit et le projet NOISE visant à renforcer l’application de mesures plus sévères contre le bruit, que son arrondissement «a plein d’exemples de gens qui s’installent et qui veulent changer le voisinage.»

Selon lui, les commerçants, propriétaires de bars et restaurants ne devraient pas «cannibaliser les caractéristiques d’un quartier qui les attire initialement» en faisant fuir les résidents (par leurs excès de bruit).

Selon moi, prétendre que les commerçants peuvent faire fuir les résidents c’est extrêmement alarmiste. Les gens qui s’installent près d’un bar doivent s’attendre à du bruit de clientèle ou de la musique, comme ceux qui s’installent en plein centre d’une ville doivent s’attendre à entendre de la circulation automobile, ceux qui s’installent près d’un aéroport doivent s’attendre à des avions et ceux qui s’installent près d’un chemin de fer doivent s’attendre à des trains. Surtout l’été, avec les fenêtres ouvertes.

En plus, selon sa propre analyse, Ferrandez pointe du doigt le mauvais parti. Si des gens s’installent pour ensuite tenter de changer le voisinage, alors qui s’affaire vraiment à détruire le charme de la mixité du quartier?

S.Martel
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août 31

Super reportage de la part d’un des «journalistes» anonymes de l’agence QMI sur les activités entourant la course de NASCAR à Montréal en fin de semaine.

On y découvre avec stupéfaction que les touristes amateurs de NASCAR et ceux de F1 sont totalement différents au niveau de leurs habitudes de consommation. On aurait pourtant pensé que, vu qu’il s’agit de course automobile dans les deux cas, les gens montés du Kentucky en pick-up et camisoles auraient eu les mêmes penchants et manières que les gens arrivés d’Italie en jeans Armani.

De la même façon, on pourrait s’attendre que les gens intéressés par la Coupe de l’America ou le Vendée Globe sont nécessairement proche des spectateurs aux Régates de Valleyfield puisque tous aiment les courses de bateaux. Ou alors que rien ne distingue les fans de Radiohead et ceux de Sylvain Cossette puisque les deux chantent en anglais.

C’est une belle illustration de ce que pond la quête incessante et à tout prix de contenu en conjonction avec le manque de culture générale, qui est devenue une vraie plaie.

S.Martel
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août 30

Parfois, j’ai vraiment l’impression que les services d’urbanisme et d’ingénierie civile de la Ville de Montréal font des projets aussi aléatoires, discutables et inutiles que l’horoscope.

On choisi, au hasard, la catégorie «entrave à la circulation» et on lance ensuite un dard sur la carte de la ville. Cette fois-ci c’est tombé sur l’intersection Berri/De La Gauchetière.

Berri / De La Gauchetière

À quoi peut bien servir ce nouvel îlot de béton qui coupe une voie de la rue Berri vers le sud, autre qu’à créer une entrave à la circulation? Berri à cet endroit, ce n’est pas une petite rue tranquille: c’est deux voies qui montent, deux qui descendent et qui permettent, entre autres, d’accéder au Vieux-Montréal, à la rue Notre-Dame vers l’est et au tunnel Ville-Marie vers l’ouest.

Encore un casque blanc qui n’a pas compris que c’est la fluidité qui aide à prévenir les bouchons, pas les contraintes arbitraires comme celle-là.

Le pire dans cette situation, c’est que la voie de droite est bien souvent remplie de véhicules qui veulent tourner à droite sur Viger direction ouest et qui doivent absolument attendre leur priorité de tourner (il y a une piste cyclable à traverser en tournant).

Dès qu’il y a un ou deux autobus, le bouchon remonte jusqu’à de La Gauchetière et des autobus, il y en a beaucoup puisque la Station Centrale est sur Berri, deux blocs plus hauts.

Bien entendu, si ça vous emmerde (probablement une partie du but), vous pouvez toujours prendre le vélo. Berri/De La Gauchetière – Baie-d’Urfé, ça se fait si bien en pédalant avec votre coffre à outils sur le dos. Surtout en février.

S.Martel
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août 29

Hier, j’ai acheté des poires directement d’un producteur. Le type me dit: «garde-les sur le comptoir pendant une semaine et elles vont être juteuses et sucrées, là elles ne sont pas mûres.»

Je comprends (bien que je trouve ça dommage que ce soit rendu une pratique courante) qu’on cueille d’avance des produits qui devront faire des milliers de kilomètres avant d’arriver chez moi, mais là? Directement au verger?

Je n’ai pas pu m’empêcher de penser: ça ne te tentait pas de les laisser dans l’arbre pendant une semaine?

S.Martel
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