
La Marie du Plateau Mont-Royal, dans un autre élan de distinction progressiste, veux faire retirer les panneaux réclame géants de son paysage afin d’améliorer la qualité de vie de ses citoyens.
Personnellement, je vois mal en quoi un panneau réclame, en pleine ville, peut venir dégrader votre qualité de vie, mais le niveau de sensibilité aux acabits de la vie citadine semble plus élevé que la moyenne dans cet arrondissement.
En fait, qu’ils s’amusent à édulcorer leur paysage urbain, ça m’importe bien peu. Les panneaux sont probablement plus jolis que les murs délabrés qu’ils cachent et sont un paramètre visuel beaucoup moins important, à mes yeux, que les horribles rénovations d’immeubles à coups de PVC blanc et les portes en vitre ornées d’une quenouille et d’un huard. Et s’ils ont du temps et de l’énergie à mettre sur de tels détails, c’est probablement que la plupart des problèmes sérieux sont déjà réglés et qu’il ne restera plus qu’à instaurer une règlementation pour les poules.
Là où j’ai un gros problème, c’est sur la déclaration de Alex Norris, conseiller municipal responsable du dossier. Il affirme: «On a le droit légal d’éteindre ces droits acquis, et c’est ce qu’on fait.»
Éteindre des droits acquis, rien de moins. Juste pour que ça soit clair, je le répète : ils se permettent « d’éteindre » des droits. On est sur une pente glissante quand des élus affirment sans gène qu’ils peuvent, à leur discrétion et de façon complètement arbitraire, renier des droits acquis.
Par définition, un droit acquis c’est un droit qui découle de la persistance dans le temps d’une situation qui permet de maintenir cette situation de fait et d’en jouir, même si cette situation n’est plus conforme à la nouvelle réglementation. Ce n’est pas rien. Même s’il revient à une entreprise et qu’il occasionne un certain désagrément pour quelques âmes sensibles qui vivent mal leur insertion dans l’urbanité contemporaine, il reste que c’est un droit et qu’à ce titre, il doit être respecté comme tout autre droit.
Leur attitude ne vaut pas plus que celle de vos charmantes compagnies de services de téléphone, télévision, Internet et cartes de crédit qui se gardent le droit de modifier votre contrat sans que vous puissiez faire quoi que ce soit. Et puis c’est le Plateau Mont-Royal, pas Pyongyang!



Hier, j’ai acheté des poires directement d’un producteur. Le type me dit: «garde-les sur le comptoir pendant une semaine et elles vont être juteuses et sucrées, là elles ne sont pas mûres.»
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